Le leader de l’opposition Paul Bérenger a demandé au Premier ministre Navin Ramgoolam, lors d’une conférence de presse hier au Hennessy Park Hotel à Ébène, de respecter sa parole et de ne pas aller de l’avant avec la construction de la facilité de stockage initiée par LPGas Ltd. Il a observé que cette compagnie a obtenu « deux cadeaux gouvernementaux comparables à ceux de Betamax ». Le projet a été bloqué grâce à l’intervention du ministre Showkutally Soodhun et du General Manager de la STC, Megh Pillay.
Paul Bérenger a qualifié le projet de gaz ménager Petredec dans le port de « Betamax 2 à cause de leurs ressemblances frappantes ». Pour comprendre ce « chef-d’oeuvre de magouille », a-t-il déclaré, il faut remonter avant 2008 lorsque le ministre de l’Industrie d’alors Rajesh Jeetah s’est intéressé au projet. L’idée était de créer un consortium composé de quatre firmes, Shell, Total, Indian Oil et Petroil Ltd. Les trois premiers opérateurs ont rapidement signifié leur refus de travailler avec le quatrième qui « ne possède ni expérience ni présence dans le port ».
Le ministre de l’Industrie d’alors devait choisir d’aller de l’avant avec Petroil Ltd. Le dossier a été présenté à la fin de 2008 devant le conseil des ministres, qui a accepté de poursuivre malgré l’inexpérience reconnue du nouvel opérateur pétrolier. Voit alors le jour une nouvelle compagnie, LPGas Co Ltd, dans laquelle Petroil Ltd détient 80 % du capital et la State Trading Corporation (STC) 20 %. Ce qui fait que l’actionnaire majoritaire détient tous les pouvoirs de décision. « C’est le premier cadeau fait à la compagnie pétrolière », souligne Paul Bérenger.
Selon le leader de l’opposition, le « second et vrai cadeau » à la compagnie remonte à huit jours des élections générales de 2010. À cette époque, indique Paul Bérenger, « la STC et LPGas Co Ltd signent un accord qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celui pour Betamax et qui consiste à donner à la seconde un monopole de 15 ans pour la fourniture de gaz ménager avec la garantie d’avoir un contrat d’importation de 65 000 tonnes par an ». Il ajoute que la lettre adressée par le Permanent Secretary du ministère de l’Industrie à la STC ne mentionne pas cette garantie. « Cela n’a visiblement pas été approuvé par le cabinet. »
Paul Bérenger a observé qu’en réponse à sa PNQ de la semaine dernière, le ministre de l’Industrie Cader Sayed-Hossen a confirmé qu’après les élections de 2010, le nouveau ministre Showkutally Soodhun et le nouveau directeur de la STC Megh Pillay se rendant compte que « le cadeau fait à LPGas Ltd est une machine à sous », avaient pris la décision de racheter les 80 % de Petroil Co Ltd, rebaptisée entretemps United Petroil Ltd.
Cader Sayed-Hossen, a rappelé le leader de l’opposition, a aussi fait comprendre que ce n’était qu’une idée et non une décision.
« Il n’a pas été en mesure de dire qu’en mai une rencontre avait eu lieu entre Navin Ramgoolam et Showkutally Soodhun ainsi que l’ex-ministre des Finances Pravind Jugnauth », a dit Paul Bérenger. Et d’ajouter : « Ces derniers avaient exposé la situation au Premier ministre qui n’avait pas objecté. » Il a expliqué que les discussions sur le buying avait bel et bien commencé même si le ministre Soodhun n’a pas voulu le confirmer.
« Le ministre souligne d’ailleurs que “there has been representations from United Petroils Ltd that STC buys out 80 % and the cost of buying out would be Rs 60 millions to Rs 80 millions something like that made up of forfeited profit” », a déclaré Paul Bérenger. Et de poursuivre : « Ce qui était le cas avant le départ de Showkutally Soodhun du ministère de l’Industrie. United Petroil Ltd a ensuite multiplié les démarches pour que le gouvernement encourage la STC à aller de l’avant avec l’achat des 80 % d’actions. »