Le projet de migration vers la Biometric ID Card, au coût de Rs 1,5 milliard, est sur le point d’être bouclé. Mais la véritable interrogation porte sur la date de l’entrée en vigueur de ces nouvelles cartes d’identité avec l’approche de l’échéance de la nouvelle date butoir du 31 octobre. L’objectif déclaré des promoteurs du Mauritius National Identity Card Scheme (MNICS) au démarrage du projet à la fin de l’année dernière était de procéder à l’émission de 920 000 nouvelles pièces d’identité après 12 mois d’opération. Pour le Project Manager Rama Roa, qui a déjà rendu le dossier des cartes d’identité à l’état civil depuis le 17 octobre, c’est déjà « mission accomplie », et « avec succès ».
Des indications recueillies de sources généralement bien renseignées, il existe de fortes chances pour que, dans les jours à venir, le Prime Minister’s Office soit amené à reconduire la validité de l’ancienne carte d’identité au-delà du 31 octobre, et ce, probablement, jusqu’à la fin de l’année. Deux raisons devraient justifier cette démarche : d’abord les jugements dans les deux demandes d’injonction à la Biometric ID Card pour violation alléguée des droits fondamentaux de l’individu, qui sont encore en délibéré par le full bench de la Cour suprême, présidé par le Senior Puisne Judge Eddy Balancy. Ensuite, la Commission électorale, qui fignole ces jours-ci les nouvelles National Assembly Regulations devant être publiées à l’officiel, prévoit d’imposer la production de l’ancienne carte d’identité nationale par l’électeur pour son passage à l’isoloir lors des prochaines élections générales. « Avec ces deux éléments, le gouvernement ne compterait pas prendre de risques inutiles en décrétant l’entrée en vigueur de la Biometric ID Card, d’où la nécessité d’une nouvelle extension », fait-on comprendre en fin de semaine dans les milieux autorisés.
Mercredi dernier, le dernier décompte des Biometric ID Cards donnait quelque 918 000 personnes sur le target défini de 920 000, soit un dernier carré de quelque 2 000 irréductibles, dont certains préféreront attendre le jugement de la Cour suprême avant d’en décider autrement. Officiellement, on s’attend à voir ce nombre réduit dans les jours à venir. Les quatre centres d’enregistrement pour la nouvelle carte ont une rotation de quelque 500 personnes par jour, soit un quota amplement suffisant pour faire le compte jusqu’à vendredi dernier. Toutefois, un autre son de cloche indique que le potentiel de Mauriciens à tirer des Biometric ID Cards est de quelque 935 000, chiffre puisé des registres compilés par la Commission électorale l’année dernière. De ce fait, le nombre de non-inscrits serait de l’ordre de 17 000, et ce même si nombre d’entre eux pourraient se trouver actuellement à l’étranger pour diverses raisons.
Entre-temps, le Steering Committee pour le projet de Biometric ID Card – comprenant des représentants des consultants de Singapour, du Prime Minister’s Office et des ministères des Finances et de la Technologie informatique – s’est réuni pour la dernière fois le 17 octobre. Cette instance, qui avait des séances de travail mensuelles, a établi le bilan du projet avant de procéder à un Handing Over avec l’état civil, département public désormais responsable de la carte biométrique depuis cette date.
De leur côté, dans un ultime sursaut, des animateurs de la Plateforme No To Biometric ID Card ont remis une lettre au Prime Minister’s Office en vue de solliciter des explications sur ce qu’il adviendra de la carte d’identité avec l’échéance de la fin de ce mois.