Le mouvement Lalit, un des pionniers de la lutte contre les empreintes digitales, a initié une pétition adressée à sir Anerood Jugnauth, Premier ministre, et à Pravind Jugnauth, ministre de la Technologie, pour exiger des décisions en vue de se débarrasser de l’obligation des données biométriques. De son côté, Rezistans ek Alternativ soutient que le gouvernement Jugnauth détient le mandat pour détruire cette banque de données biométriques constituée avec la nouvelle carte d’identité nationale.
L’un des principaux défis qu’aura à relever le nouveau gouvernement de l’Alliance Lepep, issu des urnes du 10 décembre, concerne le sort qui sera réservé à la Biometric ID Card, projet réalisé au coût de Rs 1,5 milliard en provenance des fonds publics. Les militants anti-Biometric ID Cards reviennent à la charge avec force en cette fin d’année pour réclamer l’élimination totale de la Fingerprint Database constituée avec les empreintes digitales des quelque 900 000 Mauriciens compilées de force lors de l’exercice mené par la Mauritius National Identity Card Scheme sous le Prime Minister’s Office.
Dans la pétition de Lalit, qui est soutenue par une série d’organisations, dont la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé, l’Association des Consommateurs de l’île Maurice, Playgroups, Labaz Intersindikal, Muvman Liberasyon Fam, la Confederation of Independent Trade unions et le Centre Idriss Goomany, mention est faite de l’engagement de l’Alliance Lepep sur les empreintes digitales lors de la campagne électorale et la récente déclaration du N° 2 du gouvernement, le Deputy Prime Minister Xavier-Luc Duval, au sujet de la nécessité d’attendre le verdict de la Cour suprême pour toute décision.
Néanmoins, Lalit et les autres organisations signataires de la pétition soulignent que le gouvernement peut détruire cette banque de données biométriques comme l’avait fait le gouvernement britannique mené par David Cameron au lendemain des élections générales. Ils réclament également « the removal of the compulsion : a) to have an ID Card, b) to present an ID Card either on-the-spot, or as dictated by Police or other officers. The right, in future, to rely on a number of different identity documents, as was the case for the recent General Elections ».
Entre-temps, ils réclament des mesures intérimaires pour obvier à l’obligation aux Mauriciens de soumettre leurs empreintes digitales s’ils sont acculés à obtenir de nouvelles cartes d’identité nationale pour des raisons pratiques. « And, in addition, we call for two interim measures until these changes are brought into being : that, in the meantime, any person seeking a new ID Card should not have to submit to fingerprinting, and anyone can make use of other identity documents, as well as ID Cards, for any official business », font-ils également ressiortir dans ce document transmis officiellement au gouvernement hier.
De son côté, Ashok Subron, animateur de Rezistans ek Alternativ, s’est élevé contre le faux pas de l’Alliance Lepep par rapport à cette question de cartes d’identité nationale. Il ne partage pas le point de vue que toute décision doit être sujette au verdict de la Cour suprême. « Lalyans Lepep ti oredi azir lor baz manda elektoral ek demokratik ki lepep inn donn li pu destriksyon database ekzistan lor bann done bio-metrik bann sitwayenn Morisyen. Rezistans ek Alternativ dimann Lalyans Lepep re-vinn lor sa desizyon-la », a-t-il déclaré en substance lors d’un point de presse bilan de Rezistans ek Alternativ, samedi dernier.