Le ministre de l’Intégration sociale se dit concerné par les difficultés de certaines organisations non gouvernementales quant au financement de leurs projets. Suren Dayal annonce que les nouvelles « guidelines » de la Corporate Social Responsibility sont en phase de finalisation et que certaines demandes du Collectif des ONG seront prises en considération.
Sollicité par Le Mauricien pour s’exprimer sur les difficultés que rencontrent certaines ONG, le ministre de l’Intégration sociale dit être au courant de la situation et qu’une réunion a déjà eu lieu entre les cadres de son ministère, de la National Empowerment Foundation et le Collectif des ONG. « Il n’est pas à écarter qu’une autre réunion soit au programme », précise Suren Dayal. Il ajoute que les nouvelles lignes directrices (guidelines) visant à mieux structurer le financement des projets sociaux seront bientôt prêtes et que certaines demandes du Collectif des ONG y figureront. Il ne précise pas lesquelles à ce stade, les règlements devant d’abord être approuvés par le ministère des Finances.
Selon Suren Dayal, toujours est-il que les règlements ne sont pas appelés à être statiques : « Les guidelines de la CSR sont évolutives dans le temps car les besoins des vulnérables de la société sont en changement constant. Cela se fera dans un dialogue avec les différents partenaires. » Le ministre de l’Intégration sociale annonce ainsi la création d’un « help desk » pour prendre connaissance des plaintes et étudier les propositions des ONG et autres partenaires. Il souligne qu’il est en consultation avec le ministre des Finances Xavier-Luc Duval « afin de voir comment nous pouvons venir en aide aux vulnérables à travers les ONG ».
Macoss soutient le collectif
Le Mauritius Council of Social Services (Macoss) a aussi réagi aux difficultés des ONG. Manda Boolell, responsable de l’unité Social Policy dit s’aligner sur la même position que le Collectif des ONG. « Il est vrai de dire que certaines ONG rencontrent beaucoup de difficultés à trouver des financements. Mais dans le même temps, on voit que d’autres dans certains secteurs spécifiques comme le développement durable sont privilégiés. Il y a aussi cette ambiguïté du fait que certaines ONG liées à la religion ont droit aux financements de la CSR et d’autres pas. »
Manda Boolell affirme que tout comme le Collectif des ONG, le Macoss a soumis une liste de propositions aux autorités visant à améliorer le service. De même, dit la responsable de l’unité Social Policy, le président Denis Grandport siège sur le National CSR Committee et fait passer le message des ONG. Concernant la création d’un Collectif des ONG, Mme Boolell déclare : « C’est une bonne chose ! Plus il y a des voix qui s’élèvent, plus on peut se faire entendre. C’est positif pour la démocratie ! »
Le Collectif des ONG a tiré la sonnette d’alarme cette semaine sur la situation de certaines ONG qui offrent un service aux plus démunis de la société et qui sont dans le rouge, faute de financement. La décision du gouvernement dans le dernier budget d’accorder 50 % des fonds CSR à trois secteurs prioritaires et l’absence de règlements précis pour certains domaines ont eu pour effet de freiner les entreprises à financer leurs projets.