Après les rats, ce sont les corbeaux qui menacent la santé publique à Curepipe. Ils représentent aussi une menace pour la survie des oiseaux indigènes de la ville. La Commission de santé publique se penche sur ce dossier et compte initier une étude en ce sens.
« Après les rats, désormais ce sont les corbeaux ! Leur présence témoigne de l’insalubrité qui règne dans la ville », soutient Ananda Rajoo, conseiller du MMM à Curepipe. Un grand nombre de corbeaux a été aperçu aux environs de la gare Jan Palach, du supermarché Monoprix dans le centre ville ainsi que près de diverses écoles notamment le Lycée Labourdonnais à Forest-Side. « Leur présence dans la ville témoigne de l’abondance de nourriture dans les drains ou sur les terrains vagues », a fait remarqué Ananda Rajoo lors de la réunion du Conseil vendredi à la municipalité. C’est dans cette optique, que les conseillers de l’opposition ont réclamé une étude du département de la santé pour déterminer les raisons de la présence de ces grands passereaux noirs dans ces lieux spécifiques. Ananda Rajoo a suggéré au Conseil de réclamer l’aide de la National Parks and Conservation Society (NPCS) du ministère de l’Agro-industrie et d’entamer « le plus vite possible » le nettoyage des drains.
Kritanand Beeharry, conseiller du Ptr, a tenu de son côté à rassurer le Conseil en indiquant que « la situation n’est pas aussi alarmante que ça ». Il estime d’ailleurs qu’il n’y aurait pas de prolifération de corbeaux à Curepipe. Toutefois, pour Lindsay Paul, du MMM, « il vaut mieux prévenir que guérir ». La présence de corbeaux dans le centre ville, dit-il, doit être prise au sérieux. « Les éboueurs ont eux-mêmes relevé ce problème dans divers coins de la ville. Il faudrait mener une étude à ce sujet », a-t-il lancé. « Une demande qui sera considérée par la Commission de santé publique », a assuré Mario Bienvenu, maire de la ville.
Rappelons que l’année dernière, le ministère de l’Agro-industrie a lancé une campagne d’élimination des corbeaux à Maurice. L’objectif était d’en éliminer plus de 40 % de la population qui s’élevait à quelque 4 000 espèces. Pour cet exercice, il était prévu que les femelles soient tuées afin de favoriser la réduction en masse du nombre de ces oiseaux. D’ailleurs, Curepipe figurait parmi les régions prisées par cette campagne. Le ministère de tutelle reconnaît que l’absence de contrôle de la population des corbeaux peut nuire à la santé des Mauriciens. Et c’est en ce sens qu’un premier contrôle avait été effectué en 2003.