Le ministère du Travail a sommé la semaine dernière le ministère de l’Éducation à réparer l’injustice commise envers une enseignante de l’école Raoul Rivet, Port-Louis. Cette dernière avait porté plainte contre son employeur concernant l’allocation des classes. Le ministère du Travail lui a donné raison. Toutefois, elle attend toujours un geste du ministère de l’Éducation.
Le mois dernier, une enseignante de Standard IV de l’école Raoul Rivet a écrit au ministère du Travail et à l’Equal Opportunities Commission pour dénoncer ce qu’elle considérait comme une discrimination à son égard. Elle reprochait à la direction de l’école d’avoir « promu » trois de ses collègues en Std V, alors que c’est elle qui avait enregistré la meilleure performance pour l’année écoulée.
La semaine dernière, le ministère du Travail lui a donné gain de cause. Il a été demandé au ministère de l’Éducation, représenté par le maître d’école de l’école Raoul Rivet et le directeur de la zone 1, de rétablir l’enseignante dans ses droits.
Toutefois, à ce jour, la principale concernée attend toujours un signe de son employeur. « Jusqu’à maintenant nous n’avons aucune nouvelle. Le ministère tarde à réagir », déplore Ashik Junglee de la General Purpose Teachers’ Union (GPTU), qui s’est occupé du dossier. Mais ce cas précis a eu un effet boule de neige dans d’autres institutions. Cette fois-ci, c’est une enseignante de l’école Ramnarain Roy, Bel-Air Rivière Sèche, qui crie à l’injustice. Cette dernière, enseignante de Standard III en 2011, a été approchée par le maître d’école pour « rendre un service et enseigner la Std IV ». Alors qu’elle s’attendait à monter avec cette classe en Std V, elle a vu un nouveau venu être nommé à sa place.
En cherchant des explications auprès du maître d’école, elle s’est entendue dire que cette classe était « une classe difficile et qu’il fallait un homme pour la gérer ». Ce que conteste l’enseignante qui met en avant le taux de réussite de 53 % de la classe.
Après consultations avec la direction de la zone 2, elle accepte de retourner en Std III, en espérant monter en Std IV cette année. Mais grande est sa surprise à la rentrée de se voir attribuer une classe de repeaters. Ce que l’enseignante conteste une nouvelle fois. À la direction de la zone, on lui a demandé s’adapter pour quelque temps car l’année scolaire avait déjà démarré. Mais avec la nouvelle politique du gouvernement d’envoyer les repeaters au prévocationnel, elle se retrouve aujourd’hui avec moins de dix élèves en classe.
Dans une telle conjoncture, l’enseignante se sent désormais « menacée » de transfert. Car lorsqu’il n’y a pas assez d’enfant dans une classe, souvent, on fait intégrer les autres classes aux enfants. L’enseignante qui se demande si on cherche à se débarrasser d’elle ne compte pas se laisser marcher sur les pieds. Comme sa collègue de l’école Raoul Rivet, elle compte saisir le ministère du Travail et l’Equal Opportunities Commission.