Située à Arsenal, l’usine de construction du groupe EVACO, spécialiste de l’immobilier, fabrique tout ce dont elle a besoin pour réaliser ses projets. Des ouvertures en aluminium et en bois, des matériaux pour la plomberie ne constituent qu’une partie de la production de cette usine, qui a été inaugurée mercredi avec comme but de faire baisser le coût des constructions et accroître la qualité des travaux. « Nous faisons tout de A à Z dans le but de livrer un travail sans défaut », déclare Arnaud Mayer, CEO du groupe.
« Les promoteurs immobiliers, dont nous aussi, font face à des constructions contenant des défauts. Nous ne sommes pas à blâmer car nous aussi voulons concevoir le meilleur projet possible. Malheureusement si les constructeurs ne suivent pas, il y a un souci. Parce que le client à qui on livre un projet immobilier ne se plaint pas aux constructeurs mais aux promoteurs », lance d’emblée Arnaud Mayer.
Cette situation est arrivée, selon lui, « parce que les constructeurs n’ont pas suffisamment investi dans la recherche, le développement et les nouvelles technologies. Ils n’ont pas repensé leur mode de fonctionnement. » Pour compenser, dit Arnaud Mayer, EVACO a dû maîtriser à 100 % la construction afin de pouvoir viser les marchés d’Afrique et des pays de la région. Pour cette raison, l’entreprise emploie beaucoup plus de personnes qu’un promoteur normal. D’un personnel de 300 personnes actuellement, elle passera à 500 en 2017. « Tout ça vient d’une stratégie de bien faire et aussi d’exporter notre savoir-faire hors de Maurice », fait-il ressortir.
S’agissant de la stratégie africaine, Arnaud Mayer indique qu’il prépare depuis deux ans le terrain sur ce continent. Est visée pour commencer la région de l’est avec la Tanzanie, le Mozambique, la Zambie, le Botswana et le Rwanda. « Ces pays se développent et ont un gouvernement stable par rapport à d’autres parties du continent. Mais ils ont tous des législations différentes, ce qui rend les choses plus compliquées », affirme-t-il. Avant de commencer à développer un projet immobilier dans un pays africain, souligne Arnaud Mayer, il est important de vraiment sécuriser les investissements, et ce, « avec l’apport des autorités mauriciennes ». Le CEO d’EVACO espère démarrer quelques projets en Afrique d’ici à la fin de l’année ou en 2017.
Cependant, la concurrence est dure en Afrique où des entreprises chinoises construisent de grandes villes et des cités. Arnaud Mayer dit « n’avoir pas peur des Chinois car nous ne sommes pas sur le même créneau […] Nous avons un style bien à nous, un savoir-faire, une technologie. Les villes africaines ont besoin de 4 millions de logements. Les Chinois n’arriveront pas à tous les fournir. » Le positionnement sur le marché est aussi un facteur important pour le CEO d’EVACO. « Du bas de gamme, du low-cost housing, du milieu de gamme ou du haut de gamme », développe-t-il, « aujourd’hui en Afrique, vous avez une classe moyenne de plus en plus importante et une classe aisée qui se développe. II y a de la place pour tout le monde. »
Ne s’intéresse-t-il pas aux projets de construction des smart cities, de Heritage City et du nouveau Port-Louis ? « Non, pas pour l’instant », répond Arnaud Mayer. Sa société de construction et son usine ont été mises en place « uniquement pour nos propres besoins, pour des projets que nous réalisons nous-mêmes […] Demain, si nous voulons réaliser un projet de smart-city, nous allons certainement le faire. Mais, nous n’allons pas prendre de contrats avec d’autres promoteurs pour réaliser d’autres projets ». La raison évoquée par Anaud Mayer est qu’EVACO a suffisamment de projets en main en interne.