Le Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD) marque sa différence avec le principal partenaire de l’alliance gouvernementale, le Parti travailliste, dans le cadre du dialogue national sur la réforme électorale ou encore les propositions au sujet de l’avènement de la Deuxième République. Le principal point de désaccord porte sur le seuil de qualification pour la représentation proportionnelle (PR) et le PMSD maintient qu’il devrait être ramené de 10 % à 5 %. Les propositions des bleus prennent également à contre-pied la position adoptée unanimement par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le leader de l’opposition, Paul Bérenger, sur la question du recensement pour la désignation des Best losers new look.
D’entrée de jeu, le PMSD se félicite du système de députés correctifs en soutenant que « le Best Loser System (BLS), a bien servi le pays pendant 46 ans. Ce système a démontré qu’il donnait la possibilité à toutes les communautés de se faire représenter au Parlement, de façon plus équitable. Il protège les différentes communautés, n’est certainement pas une façon de penser sectaire, ce qui fait qu’il contribue au maintien de la démocratie, point cardinal de notre Constitution et de notre société pluriethnique. »
Au chapitre des propositions faisant l’objet de débats dans le cadre de la réforme électorale, le PMSD se démarque de manière catégorique sur le critère d’éligibilité des partis pour se voir allouer des sièges sur la base de la représentation proportionnelle. « Le PMSD est en faveur d’une représentation proportionnelle dont le seuil d’éligibilité serait de 5 %. Un niveau plus haut, tel les 10 %, jugulerait les minorités, serait antidémocratique. Les pays pratiquant ce niveau, i.e. 10 %, sont par exemple les Seychelles et la Turquie, qui n’émergent pas en tant que modèles. En revanche, parmi ceux qui ne franchissent pas le seuil de 5 %, on retrouve la France et beaucoup de pays européens. L’argument que les petits partis qui entreraient ainsi au Parlement pourraient encourager les extrémistes, ne convainc pas et au contraire, à notre avis, donnerait à ces petits partis la chance de s’exprimer démocratiquement », affirme le document soumis dans le cadre du dialogue national, qui prend à témoin la présence du leader du Front de Solidarité Mauricienne, Cehl Meeah, à l’Assemblée nationale
Le PMSD revient également à la charge sur la tenue d’un recensement en vue de constituer une base de données pour la désignation des Best losers en proposant deux options. « La première est de commanditer un nouveau recensement selon les critères constitutionnels. Que cela soit néfaste pour le pays est un faux argument car celui de 2011, fait sur presque les mêmes bases, n’a pas créé de remous communautaires. Cependant, le PMSD n’est pas pour cette voie et préfère la suivante. Que l’on légifère afin d’apporter les changements appropriés au recensement de 2011 afin de l’utiliser comme base avec toutefois un ajustement fait en ce qui concerne la communauté chinoise sur une base acceptable. Le PMSD avance que la raison de faire des recensements sur une base religieuse ou communautaire, comme cela se fait dans presque tous les pays, demeure le fait d’obtenir des informations précises afin d’aider ceux dans le besoin et/ou les minorités. Par exemple, ne fait-on pas un recensement des pauvres dans le but de les aider ? » soutient le partenaire minoritaire du Parti travailliste.
Le PMSD préconise également un système à deux votes sur le bulletin, soit un vote pour le candidat choisi par l’électeur suivant le principe First Past the post, et un vote pour le parti choisi par ce dernier et propose un débat approfondi et ouvert sur la question du partage de pouvoirs entre le président de la République et le Premier ministre sous une éventuelle Deuxième République.