Le ministre de la Santé n’en démord pas, il n’a rien à faire des “allégations” du travailleur social Ally Lazer et encore moins de son souhait qu’il démissionne de son poste. C’est ce qu’Anil Gayan a fait ressortir hier à Petite Rivière, lors de l’inauguration d’une micro-clinique communautaire visant à faciliter l’accès au dépistage du diabète pour les Mauriciens. Avançant pouvoir rendre public le nombre de patients admis dans les hôpitaux en raison de la drogue synthétique, il soutient que “ce qui est raconté dans la presse, c’est beaucoup de propagande”.
À l’issue de cette cérémonie, à l’initiative du Diabetes Parents’ Support Group, Anil Gayan s’est prêté aux questions des journalistes. Il a affirmé que les chiffres mentionnés dans la presse concernant la drogue synthétique sont erronées. “Les renseignements du ministère ne sont pas les mêmes. Il y a beaucoup de propagande à ce sujet. Nous nous nous basons sur des faits fiables, vérifiables et scientifiques”.
S’agissant de dévoiler le nombre réel de patients admis dans les centres hospitaliers publics à cause de la drogue synthétique, le ministre de la Santé soutient qu’il n’y voit aucun inconvénient. “C’est la raison pour laquelle j’ai challenge Ally Lazer d’aller faire une déposition à la police ou une déposition sous serment à la Commission d’enquête sur la drogue et qu’ensuite il prenne ses responsabilités”.
Il ajoute qu’il a également eu des discussions avec la présidente de la Global Commission on Drug Policy, Ruth Dreifuss, qui était de passage à Maurice et qui a soutenu la cause de la dépénalisation du cannabis en raison de ses bienfaits sur la santé. “Je lui ai demandé si le cannabis a autant de bienfaits pourquoi n’a-t-il pas été dépénalisé en Suisse, son pays? Elle n’a pas eu de réponse à cela. Pourquoi ce serait bon pour Maurice et pas bon pour la Suisse ?” se demande Anil Gayan.
Sur un autre plan, le ministre a abordé la situation du diabète à Maurice. Selon lui, la prévalence de cette maladie silencieuse, plus particulièrement chez les 50 ans à monter, est inquiétante. D’où l’importance que chaque Mauricien connaisse son statut. Anil Gayan salue ainsi l’initiative du Diabetes Parents’ Support Group, qui a ouvert cette micro clinique communautaire pour le dépistage au sein du Welfare Centre de Petite Rivière. Il s’agit de la deuxième après celle de Mont Roches inaugurée la semaine dernière.
Ce centre de dépistage, opérationnel tous les samedis entre 8h et midi, offre la possibilité aux citoyens de cette région de prendre connaissance de leur statut sans avoir à se rendre dans les hôpitaux ou dispensaires, où le nombre de patients est élevé. “Cela évite le déplacement, en bus souvent, les longues files d’attente“, explique Rani Balloo, du Diabetes Parents’ Support Group.
Les tests de dépistage sont effectués par les membres de cette ONG qui ont été formés à cet effet. Les résultats sont instantanés et en fonction des cas, les patients sont référés aux centres hospitaliers. La semaine prochaine, une nouvelle micro-clinique communautaire sera inaugurée à Maingard, toujours dans la circonscription N°20.
Pour le ministre, “le déplacement de ces tests est une bonne chose. Cela donne davantage l’occasion aux Mauriciens de prendre soin  de leur santé. C’est intéressant que les ONG se sentent engagées dans la lutte contre le diabète”. En ayant connaissance de son statut de diabète dès le plus jeune âge, cela évite certaines complications, à l’instar des amputations, dont le nombre de cas est inquiétant à Maurice, dit Anil Gayan.
À une question concernant les soins accordés aux patients dialysés, le ministre avance que d’autres machines seront installées sous peu à l’hôpital Jeetoo. Il soutient par ailleurs que les doléances reçues des patients dialysés concernent notamment les cliniques et non les institutions publiques.