Provisoirement accusée d’« access to computer system with the intent to commit an offence » et de « stirring up racial hatred », Krishnee Bunwaree a bénéficié de la liberté conditionnelle hier. La Senior Magistrate Meenakshi Gayan-Jaulimsing a fixé sa caution à Rs 25 000 et la reconnaissance de dettes à Rs 75 000. La jeune femme a déclaré à la presse qu’elle regrette son geste et a présenté ses excuses à la population mauricienne.
Après près d’une semaine en détention préventive, Krishnee Bunwaree est maintenant en liberté conditionnelle. Elle s’est présentée hier après-midi devant la Senior Magistrate Meenakshi Gayan-Jaulimsing siégeant à la Cour correctionnelle de Port-Louis. Cette habitante de Vallée-des-Prêtres a obtenu la liberté conditionnelle contre une caution de Rs 25 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 75 000. Plusieurs policiers ont été dépêchés pour assurer sa sécurité dans l’enceinte de la New Court House.
Selon les informations de la police, elle aurait écrit une publication sur une page Facebook en ciblant une communauté précise et une religion. Ce qui aurait choqué des utilisateurs Facebook qui ont rapporté l’affaire à la police. La Cybercrime Unit du Central Criminal Investigation Department (CCID) est responsable de l’enquête policière. D’autres utilisateurs Facebook qui auraient commenté le post de la jeune femme seraient dans le viseur du CCID. Un jeune homme avait été interrogé la semaine dernière mais aucune charge provisoire n’a été retenue contre lui. Son ordinateur a toutefois été vérifié par les enquêteurs.
Krishnee Bunwaree devra déménager pour sa propre protection. La police a fait comprendre qu’il pourrait y avoir des représailles contre la jeune femme de 22 ans à Vallée-des-Prêtres. « Sa nouvelle adresse restera secrète pour le public pour éviter des dérapages », nous a confié un membre de la force policière qui n’a toutefois pas voulu nous en dire plus. Elle sera soumise à un couvre-feu entre 18 h et 6 h du matin et devra également se présenter au poste de police le plus proche quotidiennement.
Krishnee Bunwaree a retenu les services de Me Jaysingh Chummun pour assurer sa défense. L’homme de loi a présenté la motion de remise en liberté conditionnelle, qui n’a pas été contestée par la police. Elle a voulu, en présence de son avocat, dire quelques mots à la presse. Elle a déclaré regretter ce qu’elle a fait et a demandé pardon à toute la population mauricienne pour ses propos. Elle n’a toutefois pas voulu répondre aux questions.
Cette habitante de Vallée-des-Prêtres est provisoirement accusée de « access to computer system with the intent to commit an offence » sous l’article 4 de la Computer Misuse and Cybercrime Act et de « stirring up racial hatred » sous l’article 282 (1) du Code Pénal. La sentence prévue pour ce délit est une amende ne dépassant pas Rs 200 000 et une peine de servitude pénale ne dépassant pas les 20 ans (NdlR : entre trois ans et 20 ans).
Pour rappel, Krishnee Bunwaree a été interpellée mercredi dernier par le CCID, suspectée d’avoir fait une publication sectaire sur le réseau social le plus populaire du monde. Le post sur cette page Facebook a également fait l’objet de plusieurs « likes » et de commentaires blasphématoires soutenant les propos de la jeune femme. Celle-ci, employée de magasin, aurait eu des problèmes sentimentaux avec un membre de la communauté ciblée. C’est ce qui l’aurait poussée à faire ce commentaire qui ne ciblait, selon elle, pas toute la communauté mais une personne en particulier. La publication et le profil de Krishnee Bunwaree ont été entre-temps supprimés.
L’enquête policière est menée par l’inspecteur Manoj Japermal et le sergent Robin Bundhoo de la Cybercrime Unit.