La charge actuelle du Président et Vice-Président de la République qui incombe à l’État revient à une vingtaine de millions de roupies pour l’année 2014. Cette somme astronomique, puisée des fonds publics, n’est pas justifiée par les fonctions de ces nommés, qui jusqu’ici ont eu simplement un rôle de substitution au pouvoir du peuple – autrement absent dans la Constitution – et sans aucun pouvoir de décision. Il convient aussi de noter que, bien que le Président et le Vice-Président de l’île Maurice ne contribuent pas aux taxes et au plan de pension de retraite, le coût total que l’état débourserait pour respecter les articles du President’s Emoluments and Pension Act  serait de l’ordre de quelques centaines de millions de roupies pour tous les Présidents et vice-Présidents que notre République a connus jusqu’ici.
Alors que le chef du caretaker government actuel contemple un Président élu au suffrage universel et la concentration de pouvoir en ce seul individu – ce qui constitue une menace à notre démocratie – je propose l’abolition des postes de Président et de vice-Président. Ne dit-on pas que « le salut réside dans le grand nombre des conseillers » ? Autant continuer à confier le pouvoir suprême du pays au groupe Parlementaire et démocratiquement élu plutôt qu’à un seul individu. Déjà, on a constaté des dérives démocratiques extrêmement graves sous le présent régime, le cas le plus flagrant étant la prorogation du Parlement pendant quelques mois par Navin Ramgoolam. Qu’adviendrait-il quand ce dernier détiendrait tout pouvoir comme Président ? Il conviendrait de noter que d’après l’accord en écrit du PTr-MMM, ce Président-là aurait entre autres,  tout pouvoir de dissoudre, et d’interférer autrement – quand et comme bon lui semble – dans l’Assemblée, et d’influer sur la nomination et la révocation des ministres.
Ce que je propose, c’est d’amender les articles 28, 29, 30 et 31 de la Constitution – amendements qui sont autorisés sous l’article 47(2)(b) de la Constitution et qui consisteraient à abolir les postes de Président et Vice-Président de la République et de créer un nouveau poste que je suggère d’appeler : « Democracy Guardian ». Le Democracy Guardian remplira les fonctions du Président et du Vice-Président de la République comme définies sous l’article 28(1)(b) et 29(2)(b) de la Constitution : des fonctions de ‘chiens de garde’ de la démocratie. Le Democracy Guardian ratifiera aussi les projets de loi (Bills of Law) tout comme le Président le fait actuellement. Le Democracy Guardian sera élu au suffrage universel tous les sept ans et sera assigné une nouvelle fonction : celle d’observer les écarts de démocratie et d’en publier des rapports trimestriels. Le Democracy Guardian ne jouira d’aucune autre immunité que celle directement liée à l’exercice de ses fonctions. Le salaire et autres bénéfices du Democracy Guardian seront comparables à ceux du Premier Ministre. Sous l’éventuelle Nouvelle Constitution, les frais énormes attachés aux postes de Président et de vice-Président n’existeront donc pas.
En guise de conclusion, j’avancerai qu’après plus de 22 ans en tant que République, l’île Maurice ne peut plus continuer à s’orienter vers une autorité à l’allure monarchique, avec des rémunérations extravagantes pour un couple d’individus, tout en faisant fi de la misère noire d’une large section de la population. Je termine en lançant un appel au prochain gouvernement afin qu’il apporte les changements à notre Constitution comme susmentionnés.