La Mauritius Employers Federation (MEF) a présenté jeudi les propositions faites au ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, en vue du prochain exercice budgétaire. Le patronat a identifié six axes prioritaires : la facilitation du commerce, l’emploi, les PME, les lois du travail, la formation et la responsabilité sociale des entreprises.
« Nous savons que la situation économique est assez difficile et nous sommes parfaitement conscients que les défis à venir ne seront pas faciles. Dans notre mémoire, nous avons identifié six points essentiels sur lesquels nous devrons mettre l’accent pour que nous maintenions une croissance économique », a expliqué le président de la Mauritius Employers Federation (MEF) Clensy Appavoo. Ainsi, concernant la facilitation du commerce, la MEF suggère que le gouvernement accélère les réformes pour améliorer le climat des investissements, notamment en termes de réduction de coûts. La MEF propose ainsi la mise en place d’un Joint council entre le privé et le secteur public en vue d’établir un terrain de discussions et remédier aux problèmes systémiques. Le patronat demande aussi au gouvernement de réduire la bureaucratie et de rendre les procédures plus flexibles.
Au chapitre de l’emploi, la MEF constate que le taux de chômage chez les jeunes devient problématique. « The problem of youth unemployment deserves special attention. Young people out of employment without adequate education, training and skills are at high risk of economic marginalisation and social exclusion and represent a challenge to growth as well as economic and social stability », explique la MEF dans son document. En se basant sur les chiffres 2010 du Central Statistical Office (CSO), la MEF met en évidence que le chômage est plus élevé chez les jeunes et les personnes âgées de moins de 29 ans. Plus d’un tiers des jeunes âgés de moins de 20 ans sont sans emploi. Il y a en outre une disparité entre les hommes et les femmes. Le taux de chômage chez les femmes âgées de 16 à 19 ans est ainsi de plus de 47 %, contre environ 25 % chez les hommes pour le même groupe d’âge. Résolue à prendre en compte ces chiffres, la MEF propose l’institution d’un « Special Youth Skills Development » pour fournir formations et stages aux jeunes sans emploi. Mais aussi des « financial incentives » sous un « special Scheme » pour les employeurs offrant une formation sur le tas et des possibilités de travail aux jeunes chômeurs. Il est également question d’une révision du système d’apprentissage pour qu’il soit plus en phase avec les besoins des employeurs et des jeunes. Rendre les procédures d’embauche des stagiaires plus « conviviales et efficaces » est de mise. Enfin, pour stimuler la création d’emplois chez les jeunes, la MEF suggère également de promouvoir l’entrepreneuriat en introduisant l’« entreprise education » dans les programmes scolaires et en procédant à la mise en place d’un « special financial and business support scheme » pour les « start-ups » par les jeunes.
En ce qui concerne les PME, le patronat est d’avis que le gouvernement devrait élaborer une stratégie pour le développement, la promotion et le soutien pour ce secteur. Il est aussi question d’efforts qui doivent être entrepris pour améliorer les niveaux de productivité dans le secteur des PME afin qu’elles puissent rester compétitives. La MEF propose de travailler conjointement avec la HRDC sur un « Special Management and Productivity Improvement Programme » en vue d’améliorer la gestion et la productivité au sein des PME.
Au chapitre des lois du travail, la MEF recommande qu’il y ait des consultations approfondies avec le patronat avant que les modifications soient proposées. La MEF est favorable pour que la « 1 percent levy contribution » par les employeurs versée dans le Workfare Programme soit éliminée ou suspendue. Au sujet de la formation, la MEF préconise notamment au gouvernement de faire du « skills development and training » une priorité et de s’engager à investir dans le capital humain. Concernant la Corporate Social Responsibility (CSR), la MEF explique qu’il est essentiel de maintenir la flexibilité des entreprises à gérer et à dépenser leurs fonds pour des projets. La MEF avance également qu’il est nécessaire de fournir davantage de conseils aux entreprises pour assurer la bonne mise en oeuvre de leurs projets en matière de CSR. Finalement, la fédération propose que les employés — en conformité avec les critères d’éligibilité établis dans les lignes directrices — bénéficient des projets CSR de leur entreprise.