La Confederation of Free Trade Unions, qui regroupe des travailleurs des secteurs public, parapublic et privé de Maurice et de Rodrigues, a soumis hier au ministre des Finances Xavier-Luc Duval ses propositions dans le cadre du Budget 2012. Parmi : le transport gratuit pour tous les Mauriciens, l’accélération du processus de décentralisation à Port-Louis et la fin de la privatisation.
Dans un document remis aux Finances, Radhakrishna Sadien et Mohammad Iqbal Amiran, respectivement président et secrétaire général de la Confederation of Free Trade Unions (CFTU), expliquent : « Having due regard to the difficult situation which workers are facing in their everyday life, it is essential and vital that the Government addresses the different issues raised in our memorandum so as to bridge the gap between the poor and the rich so that social justice prevails. As you are aware, an equitable distribution of the wealth which is mostly generated by workers of this country is a sine qua non condition for stability and economic growth. »
Le dossier de la CFTU comprend pas moins de 30 propositions pour l’exercice budgétaire de 2012. La confédération propose ainsi au ministre des Finances le « participatory management » et le « profit sharing » avec les travailleurs. Les représentants des travailleurs, insiste-t-elle, doivent faire partie du conseil des organismes parapublics.
« It is a fact that Good Governance ensures the sustainability of organizations. The workers’ interests within the management team will be a guarantee to the best practices and good governance », écrit Radhakrishna Sadien. S’agissant du « profit sharing », la confédération est d’avis qu’« il permettra d’améliorer la performance et la productivité ».
Au chapitre de l’éducation, la CFTU demande une subvention totale des frais d’examens pour le School Certificate et le Higher School Certificate, une subvention sur les livres scolaires pour tous les élèves et l’éducation gratuite à tous les enfants du préprimaire afin d’assurer une « equal opportunity ».
La CFTU lance par ailleurs un appel au gouvernement en vue de mettre un terme à la privatisation. Elle estime que l’externalisation des services comme ceux de la sécurité ou de nettoyage dans les secteurs de l’éducation et la santé, a été « un échec » et que ces services fournis à la population sont plus coûteux lorsque le gouvernement en perd le contrôle. « The reversal of already privatized services to the Public Service should be seriously envisaged », soutient Radhakrishna Sadien, qui fait partie aussi du Conseil des Syndicats.
Dans une déclaration au Mauricien, le président de la CFTU explique : « Il faut un service de qualité et les conditions doivent être créées en ce sens. Ces services sont payés par l’État et les consommateurs payent les pots cassés. La situation se détériore. Alors que cela fait l’affaire des contracteurs, les travailleurs, eux, sont mal payés ».
Autre idée avancée par la CFTU en vue de réduire les dépenses publiques : accélérer le processus de décentralisation. « Rent is high in Port-Louis, parking is difficult, more fuel is used by vehicles going to the capital with the traffic jam, employees going to Port-Louis encounter a lot of hardship… »
La confédération suggère également au gouvernement d’avoir ses propres bâtiments pour accueillir ses espaces bureaux car une grosse somme d’argent est actuellement consacrée au loyer. « Money saved on rent could have been put to better use. »
Finalement, la CFTU propose que le transport gratuit soit accordé à tous les Mauriciens. « Extension of this facility to all will be of enormous benefit to the nation, addressing the problem of traffic congestion, current mode of payment to bus operators, no pick and choose at bus-stops and so on. The study of Prof. Rughooputh and his team of the University of Mauritius deserve a serious consideration », soutient Radhakrishna Sadien.