« C’est maintenant que le secteur manufacturier d’exportation mauricien ressent l’impact réel de la crise financière et économique mondiale », écrit la Mauritius Export Association (MEXA) dans son mémorandum prébudgétaire adressé au vice-Premier ministre et ministre des Finances. D’où les propositions de l’association pour que Xavier-Luc Duval accorde au secteur des mesures incitatives à l’investissement et à la formation en vue d’y améliorer la productivité, une des meilleures armes pour résister à la crise. La MEXA appelle également à une assistance urgente au secteur de la bijouterie/horlogerie et au soutien du secteur du seafood afin que celui-ci puisse développer son potentiel de deuxième pilier du secteur d’exportation après le textile et l’habillement.
La MEXA se dit d’emblée très inquiète de l’intensification et l’ampleur de la crise économique globale, surtout de la situation dans les deux principaux marchés des entreprises manufacturières d’exportation, à savoir l’Union européenne et les États-Unis. Quoiqu’il y ait eu une croissance de l’ordre de 12 % dans le courant du premier semestre 2011, la valeur nette des exportations (après déduction des coûts des importations) n’a été que de 1,9 %, relève la MEXA. Ceci est expliqué par la hausse des prix des matières premières et pour pouvoir l’absorber, les opérateurs ont eu recours à des mesures pour accroître la productivité et l’efficience afin de pouvoir rester compétitifs. La situation risque de s’aggraver dans les mois qui viennent et déjà on constate que les exportations de l’industrie textile et de l’habillement et du seafood ont tendance à décroître. L’investissement également est à un niveau très bas, une chute de 87 % ayant été constatée entre 2009 et 2010. « Should such trend persist, it will certainly jeopardize the effectiveness and productivity level of the sector », estime la MEXA.
L’association propose en conséquence un ensemble de mesures pour renforcer la productivité et l’efficience dans le secteur. Elle réclame d’abord le renouvellement de certaines mesures introduites sous l’Economic Restructuring and Competitiveness Programme (ERCP) telles l’Export Credit Insurance, l’Import Loan et les plans de financement selon la formule de crédit-bail (LEMS). La MEXA va plus loin en suggérant que le taux d’intérêt associé aux plans LEMS soit plus favorable. Elle se dit également en faveur de la réintroduction de l’Investment Tax Allowance de 25 % sur les dépenses de développement étalée sur cinq ans. Dans la même foulée, la MEXA propose la réintroduction des mesures de soutien au développement technologique et considère que les autorités devraient enlever le plafond de Rs 50 millions comme chiffre d’affaires pour qu’une entreprise puisse prendre avantage du Mauritius Business Growth Scheme (MBGS).
Formation continue
La formation demeure une priorité pour la MEXA : « Continuous training is a must ingredient for the enhancement of labour productivity », soutient-elle. L’association est d’avis que le training levy alloué à la HRDC, qui avait été réduit à 0,5 %, devrait être ramené à 1 % avec une répartition égale des fonds au Workfare Programme et au Training Fund. La MEXA ajoute que le taux de remboursement des dépenses pour la formation devrait être porté à 100 % au lieu de 60 %.
La MEXA fait, par ailleurs, au plan général, des propositions pour la promotion d’une croissance durable dont des plans de financement spéciaux pour les projets de Maurice île Durable. Elle demande la création d’un Research and Development Institute pour le secteur d’exportation, la simplification des procédures et des frais d’embauche des travailleurs étrangers, des allégements fiscaux pour faciliter les fusions et acquisitions des sociétés et une consultation régulière entre autorités et opérateurs économiques sur la question des coûts des services publics (eau, électricité, entre autres).
Le mémorandum de la MEXA contient aussi des propositions spécifiques portant notamment sur une assistance urgente au secteur de la bijouterie/horlogerie et sur un renforcement du secteur du seafood. Dans le premier cas, la MEXA fait remarquer que la bijouterie/horlogerie emploie environ 3 000 personnes et représente 10 % des exportations totales. Compte tenu des coûts élevés des matières premières et des retombées néfastes de la crise sur la vente de produits de luxe, l’association réclame certaines exemptions fiscales (plus particulièrement concernant la taxe à la valeur ajoutée) des produits semi-finis. Elle propose l’introduction d’un Gold Loan Scheme et l’assistance aux opérateurs désirant participer à des foires internationales.
Pour le secteur du seafood, qui exporte pour environ Rs 10 milliards et qui est appelé à accroître sa production d’environ 30 % au cours des cinq prochaines années, la MEXA demande, entre autres, des mesures de développement des infrastructures portuaires et de l’aquaculture, des facilités au niveau de l’octroi de permis d’importation et d’exportation, la baisse des coûts du fret aérien, des procédures souples pour l’embauche de travailleurs, et l’abolition de la TVA sur certains items utilisés dans le traitement des produits de la mer.