Les juges Chan Kan Choeng et Balaghee : « The appellant has indeed committed very serious offences, not hesitating to sexually exploit her own young daughter, who was then aged only 11, by selling her for money to different men »

Aarti Jhugursing, âgée de 35 ans et poursuivie devant la Cour intermédiaire pour avoir forcé sa fille aînée à se prostituer, avait été condamnée à six mois de prison. Ayant fait appel, elle avait été entre-temps relâchée contre une caution de Rs 15 000. Les juges David Chan Kan Cheong et Karuna Gunesh-Balaghee, siégeant en appel, ont finalement rejeté sa demande, expliquant que cette mère a commis « un délit grave et n’a pas hésité à exploiter sa fille sexuellement à cet âge ».

Les juges ont trouvé que, vu la gravité de l’offense, une peine d’emprisonnement est « tout à fait justifiée ». Ils ont ainsi conclu : « The appellant has indeed committed very serious offences, not hesitating to sexually exploit her own young daughter, who was then aged only 11, by selling her for money to different men. In such a case, the appellant, despite her clean record, could not expect any leniency from the Court. A noncustodial sentence would definitely not have met the ends of justice. We are of the view that the appellant richly deserved the custodial sentence passed on her. »

Aarti Jhugursing était poursuivie sous une charge de “Causing a child to be engaged in prostitution”. Sa fille, qui était âgée de 12 ans au moment des faits, lui reprochait de l’avoir forcée à avoir des relations sexuelles avec plusieurs habitants de sa localité pour de l’argent. Aarti Jhugursing était poursuivie aux côtés de Rishi Ramlochun et Suraj Gopaul, qui sont, eux, accusés d’avoir abusé de la fille et d’avoir eu des relations sexuelles avec une mineure.

Cette affaire remonte au 7 mai 2011. Aarti Jhugursing, une habitante de Pointe-aux-Piments, avait été arrêtée suite à une déposition de sa fille. Lors du procès, ses dépositions à la police avaient été produites. Il en ressort que l’accusée était mariée depuis 15 ans et que son époux travaillait comme maçon. Elle explique que ses enfants et elle vivaient « dans une extrême pauvreté » car son compagnon « n’assume pas » ses responsabilités envers sa famille. « Kan li gagn lapey, li fini tou so kas dan bwar. Mo pena enn sou pou aste komision lakaz », dit-elle.

La mère a par ailleurs nié avoir vendu sa fille pour de l’argent, expliquant que cette dernière est « une belle fille qui a eu beaucoup de demandes en mariage ». Elle ajoute : « Sa zour-la mo misye ti fini sou ek li ti pe rod pik kouto ar mwa ek mo bann zanfan. Nou finn sove nou finn al kot lamer kot garson mo ser. Li finn donn mwa Rs 100 pou aste manze apre linn may mo tifi linn pran li linn al lamer. Kan monn al get zot plitar mo trouv mo tifi pe plore li dir mwa linn fer malelve ar li. »

La mère ajoute ne s’être pas rendue au poste de police pour rapporter l’affaire car le neveu en question aurait donné une somme de Rs 1 000 à sa fille. Par ailleurs, Rishi Gopaul, soutient-elle, était « le petit ami de ma fille ». Elle raconte : « Une nuit, il avait dormi chez moi et, le lendemain, ma fille m’a informée qu’ils avaient eu des relations sexuelles. » Là encore, l’homme lui a remis de l’argent, utilisé pour acheter des provisions.

Cependant, cette situation s’est reproduite avec d’autres hommes qui ont couché avec sa fille avant de lui remettre de l’argent. La mère avait présenté ses excuses, évoquant la pauvreté. Elle est aussi mère de deux autres enfants mineurs qui, après son arrestation, lui ont été enlevés par la Child Development Unit et placés dans un “shelter”. Lors du procès, le Chief Police Medical Officer avait affirmé que « la fille avait une vie sexuelle très active ».