Les orateurs du MMM, qui n’ont pu intervenir hier en raison de l’expulsion de leur leader, Paul Bérenger, et du “walk-out” des parlementaires mauves, pourront le faire mardi prochain. En effet, les débats sur le projet de loi ont été ajournés sur une proposition du député Ravi Rutnah.
Deux membres du MMM figuraient sur la liste des orateurs hier. Paul Bérenger devait parler après la présentation du texte de loi par la ministre Aurore Perraud alors que Veda Baloomoody devait être le dernier orateur de l’opposition à intervenir. Une dizaine d’orateurs sont intervenus hier dans les débats, à savoir les ministres Fazila Jeewa-Daureeawoo et Leela Devi Dookun, Sangeet Fowdar ainsi que les députés Marie Danielle Selvon, Malini Sewocksingh, Sangeet Fowdar, Guito Lepoigneur, Joseph Léopold, Marie-Claire Monty, Soodesh Rughoobur et Shakeel Mohamed. On s’attend à ce que les députés Ravi Rutnah, Alan Ganoo et Veda Baloomoody ainsi que Paul Bérenger et le Premier ministre adjoint Xavier-Luc Duval interviennent la semaine prochaine.
Sangeet Fowdar a insisté sur l’importance d’une campagne d’awareness et a fait part de son souhait concernant le développement d’un Domestic Violence Watch, qui aurait permis aux voisins ou autres personnes de dénoncer des cas de violence domestique. Guito Lepoigneur s’est longuement appesanti sur la violence contre les enfants et les conséquences de ces actes. Il a aussi préconisé une meilleure formation du personnel des services gouvernementaux et des ONG qui s’occupent de ces cas. Leela Devi Dookun a souligné que « la loi-cadre n’a pas permis de mettre un frein à la violence domestique ». D’où l’importance d’apporter de nouveaux amendements. Elle dit se « réjouir » de l’élargissement par la ministre Aurore Perraud de la définition du conjoint et de la prise en compte des conjoints divorcés. Leela Devi Dookun a également souligné l’importance de l’éducation des jeunes au sujet du respect et de la compréhension qui doivent prévaloir entre les garçons et les filles, les hommes et les femmes. Il faut, dit-elle, leur apprendre à contrôler leur colère et leurs émotions, et leur faire comprendre que la violence n’est pas une solution. Dans ce contexte, la ministre de l’Éducation a souligné l’importance des écoles mixtes, où les garçons et les filles ont la possibilité d’apprendre à se respecter les uns les autres.
Joseph Léopold, lui, a insisté sur la complexité du problème de violence domestique et estime que les auteurs de violence s’en sortent trop facilement. Pour lui, la violence domestique doit être considérée comme un crime. À l’instar d’autres orateurs, Marie-Claire Monty a insisté sur l’importance de la vulgarisation. Ainsi, elle a suggéré le lancement d’une campagne nationale afin d’avertir les auteurs d’actes de violence domestique de ce qui les attend désormais. Elle a ainsi proposé les slogans suivants : « To bate to tasse », pour une première condamnation, pour une deuxième : « To bate to tass plis » et pour une troisième condamnation : « To bate to tass net ». Soodesh Rughoobur a, lui aussi, accueilli favorablement la loi et a avancé une série de propositions, dont la nécessité de laisser les juges décider de la période d’incarcération d’une personne responsable de violence familiale. Shakeel Mohamed a lui aussi accueilli de manière positive le texte de loi et s’est longuement appesanti sur l’inclusion d’une provision, à l’attention de la police, stipulant qu’elle doit agir « diligently ». Pour lui, la mention de ce détail veut dire que la situation au sein de la police s’est détériorée. Malheureusement, a-t-il observé, « le texte de loi ne précise pas ce qui se passerait si la police n’agit pas diligemment ». Il a aussi souligné l’importance d’une provision concernant les cas de fausse déclaration à la police. Le chef de file du Parti travailliste au Parlement s’est associé à Soodesh Rughoobur pour avancer que le texte de loi doit donner au magistrat toute latitude nécessaire pour décider de la durée des condamnations. Les débats reprendront la semaine prochaine.