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Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le secrétaire général de la COI, Hamada Madi, ont signé jeudi la convention de financement du projet de résilience côtière dans l’océan Indien (RECOS).

La cérémonie s’est déroulée à la résidence de l’ambassadeur de France Emmanuel Cohet. Jean-Yves Le Drian a, par ailleurs, eu une séance de travail avec le ministre des Affaires étrangères, Nando Bodha, et Hamada Madi, à l’aéroport dans après-midi. Il a été question de la réforme de la Commission et de la nomination du successeur de Hamada Madi, qui sera un ressortissant français.

Le projet RECOS est financé par l’Agence française de développement (AFD) et du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) à hauteur de 10 millions d’euros (Rs 400 millions). Ce projet s’inscrit dans le droit fil de l’Accord de Paris sur le climat. Les îles sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique et à la dégradation des écosystèmes. En effet, 80% des récifs de l’Indianocéanie, troisième plus grand triangle récifal du monde, sont aujourd’hui menacés et dégradés. Or, ils atténuent les houles, constituant des écosystèmes indispensables à la sécurité alimentaire et à des secteurs économiques. L’érosion côtière gagne du terrain et une hausse d’un centimètre du niveau de la mer équivaut, sous nos latitudes, à un grignotage d’un mètre du trait de côte. De plus, les mangroves, qui sont des puits de carbone, des viviers d’espèces aquatiques et des barrières naturelles contre les fortes houles souffrent de prélèvements incontrôlés, parfois jusqu’à leur disparition.

Hamada Madi, secrétaire général de la COI, explique : « Le statu quo n’est donc pas une option. L’action, à tous les niveaux, est indispensable. » Le partenariat COI-AFD-FFEM est une transcription, sur le terrain, des engagements internationaux (Accord de Paris sur le Climat ou Cadre de Sendaï). De plus, l’enveloppe de subvention financera des projets concrets de renforcement de la résilience des littoraux. Ce faisant, le projet RECOS interviendra sur le terrain en promouvant des solutions fondées sur la nature. Ces interventions suivront les principes de la gestion intégrée des zones côtières.

En accord avec les administrations nationales, le projet se propose d’intervenir sur des sites pilotes pré-identifiés. Ces derniers se situent dans les régions côtières les plus touchées par l’augmentation du niveau de la mer. Les sites pré-identifiés se situent à Morondava, à Madagascar, sur les îles principales des Seychelles et des Comores ainsi qu’à Flic-en-Flac, à Maurice. En complément de ces actions de terrain, la COI lancera un appel à projets « pour cofinancer des initiatives locales portées par des acteurs non-étatiques ou des partenariats public-privé, entre autres ». La communauté scientifique régionale, porteuse d’idées et de solutions, sera aussi impliquée.

Le projet RECOS est tourné vers l’action, sur le terrain, avec les administrations nationales des États. Les projets pilotes, dit-on, « lanceront une dynamique vertueuse pour la résilience de nos îles ». Ses objectifs spécifiques sont les suivants : renforcer la gouvernance régionale, nationale et locale des écosystèmes côtiers et marins de l’océan Indien ainsi que mettre en œuvre des chantiers innovants, variés et réplicables de restauration et d’exploitation durable d’écosystèmes côtiers et marins en s’appuyant sur des groupes de travail scientifique.