Intervenant lundi, au Gold Crest Hotel, Quatre-Bornes, à l’ouverture d’un atelier tripartite sur le thème « Protection des travailleurs migrants de la discrimination », le président du Conseil des syndicats, Radhakrishna Sadien, a plaidé, entre autres, pour des négociations transparentes lors du recrutement des travailleurs étrangers.
« Je propose que les autorités concernées interdisent les négociations opaques lors de l’exercice de recrutement des travailleurs migrants. Ces travailleurs étrangers doivent savoir où ils vont, quelles sont les perspectives pour leur famille et leurs enfants en termes de prestations sociales dans le pays dans lequel qui vont travailler, et quels sont les engagements de leurs employeurs éventuels vis-à-vis d’eux », a plaidé Radhakrishna Sadien.
« Ce que je viens de dire est également valable pour nos frères et soeurs, nos concitoyens de Rodrigues, qui viennent s’établir pour travailler à Maurice », a-t-il insisté.
Radhakrishna Sadien s’exprimait lors du lancement de cet atelier tripartite de cinq jours, en présence du Permanent Secretary du ministère du Travail, R. Nowbuth, de la Labour Migration Consultant de l’Organisation internationale du travail (OIT), Aurellia Segatti, du Chief Operations Office de Business Mauritius, Pradeep Dursun et du Regional Specialist in Workers Activities de l’OIT, Ben Said Insa Dia.
L’intervenant a également fait un bref historique de la lutte des travailleurs mauriciens et des travailleurs migrants pour le respect de leurs droits. « Durant ces dernières années, il y a eu plusieurs confrontations entre les travailleurs étrangers et leurs employeurs locaux concernant les conditions de travail, leurs droits et leur salaire. Lors de l’exercice de recrutement dans leur pays d’origine, on leur a promis — comme souvent rapporté dans la presse — de hauts salaires et des conditions de travail extraordinaires. Mais une fois arrivés à Maurice, ils se sont plusieurs fois plaints de recevoir des salaires très bas — quand ils sont payés — ou de retard dans le paiement de leur salaire ».
Affirmant que les Nations unies citent souvent Maurice comme un modèle à copier parmi les Petits États insulaires en développement (PEID), le président du Conseil des Syndicats a souhaité que nous conservions cette bonne réputation. « Nous allons certes réussir, mais notre succès ne sera que davantage légitime si tous nos travailleurs, qu’ils soient locaux ou étrangers, sont traités avec humanité », a-t-il lancé.
Radhakrishna Sadien a rappelé que les quelque 1,3 million d’habitants que compte Maurice sont tous des descendants de migrants forcés ou volontaires, qui se sont établis sur cette île qui était restée inhabitée des millions d’années durant avant sa découverte. « La République de Maurice comprend des descendants de migrants forcés ou volontaires qui sont nés égaux en droits mais qui ne jouissent pas nécessairement de ces droits de la même manière ».
Organisé par le Conseil des Syndicats en collaboration avec l’OIT, cet atelier tripartite de cinq jours, a pour objectifs, entre autres, de contribuer à un débat constructif sur les meilleurs moyens pour mieux protéger les travailleurs migrants et les membres de leurs familles à Maurice. Identifier les éléments discriminatoires dans nos lois à l’encontre des travailleurs étrangers en vue de les éliminer est un autre objectif de cet atelier.