Dans une récente correspondance aux établissements payants la Private Secondary Schools Authority les invite à participer à l’évaluation nationale destinée aux élèves de Form III. Celle-ci, après trois années à titre expérimental, entre en vigueur dès cette année et concerne l’ensemble des écoles de la République de Maurice. Des collèges payants ne sont cependant pas si enthousiastes à y adhérer en mettant en avant les spécificités de leurs écoles.
Dans cette lettre envoyée le mois dernier à tous les collèges privés, subventionnés et ceux qui sont payants, la PSSA informe de la décision du ministère de l’Éducation « to roll out the National Assessment Form III to all secondary schools in the Republic of Mauritius as from 2013 » et ajoute qu’ils sont « kindly requested to participate ». À souligner que la tenue de cet examen national, durant la phase expérimentale ces trois dernières années, n’a jamais fait l’unanimité tant parmi les collèges privés subventionnés que ceux de l’État.
Certes les collèges payants à Maurice — à l’exception de Le Bocage International et des établissements de l’enseignement français — proposent tous le programme de Cambridge International Examinations menant aux examens de “O- level” et de “A-level”. Toutefois l’enseignement dans ces écoles payantes se fait au rythme des apprenants et ne tient pas compte du critère de l’âge pour accéder à telle ou telle classe. Il est bon aussi de savoir que le ministère de l’Éducation, dans ses collèges, n’accorde pas de troisième chance à un enfant qui échoue à deux reprises une classe. Idem dans les collèges subventionnés. Ces élèves malchanceux doivent alors se tourner vers les établissements payants pour avoir la possibilité de poursuivre leurs études secondaires.
Certains responsables des institutions payantes considèrent le « you are kindly requested to participate » émanant de la PSSA comme une obligation et ils n’y sont pas d’accord. Le directeur du Mauritia Institute (collège payant situé à Floréal) est l’un de ceux qui a de sérieuses réserves sur l’organisation de ce nouvel examen au cycle secondaire. « The Form III National examination is evidently not a priority in our secondary system as its sole purpose has not so far been spelled out » écrit Sakibe Coowar dans une lettre ouverte au ministre de l’Éducation. Il rappelle l’échec d’une démarche similaire entreprise dans les années 80.
Selon ce professionnel de l’éducation, cette décision gouvernementale ne fera qu’accentuer la compétition féroce déjà bien ancrée au niveau des deux dernières années du cycle primaire et par là même prolongera la culture des leçons particulières dès l’entrée en Form I.M. Coowar pose les questions suivantes au ministre de l’Éducation. « Quel est l’objectif de cet examen au plan académique, professionnel et social ? Le ministère prévoit-il l’octroi d’un certificat aux élèves concernés et à quoi servira ce diplômé ? Le ministère a-t-il un plan pour ceux qui auront échoué ? Shall those who fail the Form III National Exam but pass their Form III internal school exam be allowed to pursue academic education in Form IV ? » Le directeur du Mauritia Institute souhaite que les pédagogues dans le secteur secondaire « voice freely, objectively and reasonably » leurs opinions sur la pertinence d’organiser ces nouveaux examens.
Dans les milieux des collèges privés subventionnés qui ont participé ces dernières années à la phase expérimentale, des recteurs aussi bien que des enseignants affichent encore une attitude peu convaincante. « Nous participons parce qu’on nous le demande. Ce sont nos examens internes qui comptent le plus », soulignent ces recteurs.