La Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSP) a déposé mercredi un dossier sur la PSSA à l’Independant Commission against Corruption (ICAC). Son président, Rashid Imrith, a présenté plusieurs documents concernant les “grant-in-aids” accordés à certains collèges. « Y a-t-il eu corruption, favoritisme ou irrégularités ? Je laisse le soin à l’ICAC d’enquêter », dit-il.
Rendre compte de la manière dont l’argent des contribuables est dépensé. C’est partant de ce principe, affirme Rashid Imrith, que la FSSP a porté plainte à l’ICAC. Depuis quelque temps en effet, des voix s’élèvent sur « la manière dont la PSSA finance certains collèges privés ». Selon le président de la FSSP, depuis 2012, les collèges privés ont reçu un montant total de Rs 4 milliards annuellement comme “grant”. « Il y a également un demi-milliard de roupies allouées comme “grant-in-aid”, sans aucun contrôle ni audit. »
Il s’interroge sur la pertinence du “self-assessment” dans les collèges. « En d’autres mots, l’organisation qui doit recevoir de l’argent fait sa propre évaluation. Où est le contrôle ? » Rashid Imrith dit avoir écrit à l’Office of Public Sector Governance (OPSG), placé sur le Prime Minister’s Office (PMO), pour faire part de cette situation. Dans une réponse datée du 8 août, l’OPSG explique : « Self-Apraisal may be a very convenient way of making an assessment (…) unless there is in place an effective control mechanism of checks and balances to ensure that public funds are used for the right purpose. »
Rashid Imrith se demande si tel a été le cas « quand on sait que le président du board de la PSSA est un ancien directeur de collège et que, parmi les membres, on compte deux représentants des propriétaires de collège », ajoutant : « Ceux-ci sont appelés à prendre des décisions concernant leurs propres collèges. » Il se demande également ce que font les représentants du ministère de l’Éducation sur ce board « tant il y a de zones d’ombre ».
À titre d’exemple, il cite la dernière inspection hebdomadaire, qui devait avoir lieu dans cinq collèges du 18 au 22 août. « Mais dès le premier jour, alors qu’ils étaient dans un collège des Plaines Wilhems, les inspecteurs ont reçu l’instruction de tout arrêter. Est-ce une coïncidence quand on apprend que les extincteurs dans ce collège, où il y a notamment des laboratoires, ont expiré ? »
Le plus important, ajoute Rashid Imrith, est de savoir qui est intervenu pour donner cette instruction et pourquoi. Il invite également le département Health and Safety du ministère du Travail à faire une inspection dans les collèges. Rashid Imrith dit attendre la réaction de l’ICAC avant de dévoiler d’autres informations. « Nous avons des témoins prêts à déposer devant l’ICAC », dit-il. Interrogé par Le Mauricien quant à la possibilité de porter plainte également pour les allégations de mauvaise utilisation des fonds publics dans d’autres organisations, Rashid Imrith a répondu par l’affirmative.