L’achat compulsif touche surtout les femmes. Urbaines de préférence et autour de la trentaine. L’achat compulsif serait-il la nouvelle épidémie contemporaine ?
Mis dans les rangs des addictions « sans produit », au même titre que l’addiction à internet ou au jeu, l’achat compulsif peut devenir une véritable pathologie. Comment distinguer une simple coquetterie d’un achat compulsif ? D’où cela vient-il et quelles en sont les conséquences ?
Simple coquetterie ou achat compulsif ?
La coquette aime à plaire, se plaire et à se pomponner. Elle choisira avec soins ses produits de beauté et optera pour une garde-robe destinée à la sublimer. Impeccable et jolie tous les jours, telle est sa (quasi) priorité. Son budget s’en fera parfois ressentir, mais correspondra le plus souvent à des caprices maîtrisés, adaptés à son idéologie et destinés à être mis à profit.
Mais coquette ou pas, on peut un jour ou l’autre basculer du côté sombre de l’achat. Quand la petite ceinture repérée commence à nous obséder, aussi longtemps que l’objet convoité ne sera pas acquis… quand d’autres achats non réfléchis se poursuivent, on pourra alors parler de caprices non maîtrisés. La frénésie acheteuse est activée.
À la différence de la simple coquette, l’accro du shopping achète mais n’utilise pas la moitié de ses achats. Elle aime acquérir, plus que mettre à profit.
Les phases de l’achat compulsif
Typiquement, l’achat compulsif se déroule en plusieurs phases :

D’abord, l’envie d’un objet, d’une pièce qui devient obsédante. L’idée de l’acquisition ne pourra alors être écartée, par peur de manquer. Tous les moyens seront recherchés pour obtenir « cette petite robe que j’ai vue dans le métro et qui m’ira sûrement à ravir ». Cette mission, qui s’impose à soi sans que rien ne puisse l’atténuer, fera parfois l’objet d’une véritable expédition. Tout sera fait pour parvenir à la boutique avant la fermeture du magasin, même à l’autre bout de la ville.
Excitée, tendue, pressée, le chemin sera ardu. Arrivée à destination, la carte de crédit sera déployée et le summum du plaisir sera activé. Une satisfaction éphémère mais suffisamment intense pour être ultérieurement recherchée… faisant le lit d’une dépendance à venir.
Une fois l’euphorie dissipée, il n’est pas rare d’éprouver de la culpabilité, voire de la honte. Une honte qui mènera parfois à se cacher ou à mentir sur les faits.
Attention, l’achat compulsif n’est pas à lui seul pathologique. C’est son aspect répété qui doit alerter. À mesure que l’achat compulsif se répète, la dépendance se crée, et il devient de plus en difficile de se “sevrer”.
Un appel constant à la surconsommation
Il n’y a pas une cause, mais plusieurs causes à la répétition exagérée d’achats compulsifs. À l’instar des troubles du comportement alimentaire, la pression médiatique et publicitaire a très certainement favorisé l’apparition de cette maladie.
La vague de crédits à la consommation, apparue il y a quelques années, n’a fait que potentialiser cette fascination pour l’acquisition en créant l’illusion d’un pouvoir d’achat étoffé.
Non moins responsable : la mode à grande vitesse. Loin de faciliter la gestion de notre budget, elle incite ouvertement à acheter… pour mieux remplacer.
Observez le turn-over de plus en plus rapide des tablettes et autres smartphones ! La soif de nouveauté ne s’en trouve-t-elle pas stimulée ?
Une fragilité interne
Même si toutes les conditions sont là pour inciter à l’achat compulsif, on ne devient pas tou(te)s accros du shopping pour autant. En réalité, l’achat compulsif survient souvent en réponse à une fragilité interne, transitoire ou non, et plus ou moins consciente.
Il peut être le reflet d’une dépression cachée, d’un coup de blues passager, et d’une estime de soi pas très valorisée. L’objet convoité prend alors le rôle d’un pansement de l’âme. L’acquisition de ce dernier rassure, apaise, et occupe, mettant de côté les émotions négatives.
Certains traits de caractère favorisent également ce type de comportement. L’impulsivité et la difficulté à supporter les frustrations en sont les principaux. Agir dans l’instant sans préméditation est une particularité des acheteuses compulsives, et pas seulement dans le domaine du shopping.
La dépendance aux achats est fréquemment associée à d’autres troubles psychologiques tels que le TOC (Trouble obsessionnel compulsif), la dépendance à internet, la dépression ou encore la boulimie. L’objet est différent mais le mécanisme est le même.
Selon une étude scientifique, les anomalies neurobiologiques rencontrées chez les acheteurs compulsifs sont similaires à celles rencontrées chez les addicts au jeu.
Les conséquences de l’achat compulsif
Les conséquences pécuniaires
L’acheteuse compulsive vit au quotidien avec… ses découverts, et souffre parfois de dettes conséquentes. Et l’utilisation de crédits à la consommation, parfois solutions de facilité, ne pourra concourir qu’à les alourdir.
Les conséquences personnelles, sociales et familiales
Insidieusement, des conséquences néfastes sur la vie personnelle, professionnelle et familiale, pourront venir pointer leur nez.
Faire ses comptes
Jeter régulièrement un oeil à ses comptes permet d’avoir une maîtrise plus grande de son argent et d’éviter de basculer dans l’illusion d’un portefeuille rempli à l’infini. Définissez-vous un budget plaisir à ne pas dépasser et usez-le pour des choses qui vous importent vraiment.
Payer en espèces
Payer en espèces permet de mieux prendre conscience de l’argent que l’on dépense. Alors que la virtualité de la carte visa nous le fait oublier. Pire que la carte visa : le crédit. À éviter ! Par ailleurs, comme tous les déboires psychologiques qui nous arrivent à tout un chacun, parler tout haut à quelqu’un de confiance reste un principe capital.