Il vous est forcément arrivé de griffonner au téléphone, dans une réunion, dans une salle d’attente… des tas de lignes, des courbes et des dessins qui, en fin de compte, vous paraissaient bien dérisoire. Le tout finit presque toujours à la poubelle. Pourtant toutes ces lignes, ces formes géométriques, leur sens, leur direction, en disent plus sur votre personnalité que vous ne le pensez . Selon les graphologues, flèches, arabesques, damiers, fleurs, visage à lunettes… , sont des dessins qui parlent.
« Gribouiller ». Le terme ne fait pas sérieux, et transporte loin du milieu des bureaux, au coeur de la petite enfance et de l’apprentissage de l’écrit… Or, si on croit avoir passé l’âge de gribouiller depuis longtemps, un petit tour dans la classe des grands révèle pourtant que le monde des adultes est peuplé de gribouilleurs! Il suffit de jeter un oeil sur les bouts de papier qui traînent sur les bureaux ou près du téléphone pour mesurer l’ampleur de nos « oeuvres » spontanées.
Gribouilleurs, nous le sommes tous. Ces petits signes et dessins étranges que nous nous accordons tous à trouver charmant chez l’enfant, remplit, à l’âge adulte, une fonction de bien-être et de détente, de créativité ainsi que de libération des tensions, disent les experts.
 « Ce qui fait la spécificité du gribouillage par rapport au dessin, c’est sa forme, plus ou moins abstraite, faite en toute spontanéité, comme malgré soi, sans but esthétique et qui n’est pas destinée à être montrée », expliquent les graphologues.   
Qu’est-ce qui nous pousse à noircir nos feuilles? Pour certains psychologues, « il s’agit d’un exutoire ». Le gribouillis nous libère des tensions et des émotions qui nous envahissent. Le gribouillis d’adulte se situe aux confins du conscient et de l’inconscient révélant ainsi la personnalité dans ses aspirations, ses tendances, ses qualités, ses difficultés.
Divers aspects
Selon ces graphologues, c’est au cours de notre enfance que nous associons les formes à des émotions et des sensations tels que le plaisir, la peur, la joie, le dégoût, etc. En grandissant nous conservons certains de ces tracés bien inscrits dans notre subconscient. Chaque individu a néanmoins ses propres structures de griffonnages : courbes, rectangles, labyrinthes, ronds, carrés, lignes… Cela relève d’une sorte de choix inconscient ou de désir spontané personnel pour cette figure ou celle-là.
Néanmoins, selon les observations, une cinquantaine de formes récurrentes apparaissent couramment: arrondies, géométriques, pointues, carrées, rectangulaires, triangles, ronds,…
Rêverie
D’abord geste machinal résultant de l’ennui ou du désoeuvrement, le gribouillis le plus courant est celui tracé inconsciemment lors d’une conversation téléphonique… Ce gribouillis, associé à la rêverie, est la preuve d’une dispersion et d’un manque de concentration pour une conversation qui s’éternise.
Exutoire qui nous libère des tensions et des émotions, le gribouillis connaît aussi un versant bénéfique, en sa qualité de remède, voire de stimulant, disent les psys. Gribouiller peut être un soulagement, un moyen de passer ses nerfs sur le papier plutôt que sur le patron, de se vider l’esprit en noircissant des pages, et de repartir d’un bon pied après la « pause gribouillage ». 
Des experts de la psychologie se sont interrogés sur les formes même que prennent les gribouillis. Parmi les principaux symboles:
Les cercles  
Signe de repli sur soi, il exprime aussi émotivité, sensibilité ou quête de sécurité.
Les cercles reliés symbolisent la vie affective et la douceur. Leur construction – empilés avec des blancs à l’intérieur,  révèle une personnalité créative.
Le mandala
Le mandala est un disque contenant des formes géométriques colorées, utilisé comme un espace de recherche et d’expression personnelle. Symbolisant l’existence, cette figure du bouddhisme, support à la méditation, exprime, avec ses traits verticaux à l’intérieur du cercle, une volonté de se stabiliser et de se recentrer dans les étapes de sa vie. On sent à la fois de l’anxiété — feutre noir et traits repassés — et une dynamique de recherche d’équilibre.
Le dessin abstrait
La variété des formes et des traits plus ou moins appuyés révèle un foisonnement d’idées et une personnalité nuancée, attentive aux détails. Leur répétition exprime un tempérament perfectionniste et affectif. Les mouvements fermés trahissent une certaine vulnérabilité et une difficulté dans la communication.
Le damier
Alternant le noir et le blanc, cette opposition de forces contraires évoque l’indécision, la quête de soi… ou la volonté de relever un défi important (en référence au jeu d’échecs). L’ensemble indique aussi une capacité à faire le lien entre les choses et à chercher à les voir sous des angles divers, exprimant à la fois un besoin de rationalité et de créativité, un sens de l’abstraction et une finesse intellectuelle.
Le visage à lunettes
Les formes figuratives racontent une personnalité intéressée par les rapports humains. L’attention accordée aux yeux, mis en valeur par les lunettes, suggère l’importance du « voir » et la préoccupation de savoir comment on est perçu par les autres.
L’arbre
L’arbre, avec sa grande couronne et son tronc court, évoque une personnalité pour qui le quotidien n’est pas le plus intéressant. Les racines, puissantes, relient aux énergies de l’inconscient et à un potentiel de créativité important.
Les carrés rouges
Le rouge symbolise l’énergie, l’affirmation de soi, l’autorité et la colère. Associé à l’épaisseur des traits, passés et repassés, il exprime une tension probable. Les carrés révèlent une pensée analytique et un désir de rationaliser ses émotions et, peut-être aussi, de canaliser ses pulsions.
Le labyrinthe (ou la spirale)
Ils expriment la sensation de ne pas se trouver ou de se perdre, avec une volonté plus ou moins grande de s’orienter, révélée par le mouvement du dessin : de gauche à droite, il indiquerait une attitude de grande prudence, tandis que le mouvement inverse révèlerait un effort plus grand d’ouverture aux autres.
Les cubes entassés
Mur de briques qui s’élève, ce dessin signale un esprit méthodique, une volonté de progresser ou une pensée en cours de structuration…
La flèche
Indiquant une direction, elle parle aussi d’intention (agressivité, volonté…) selon, par exemple, qu’elle est renforcée par des empennages ou que sa pointe est aiguisée, son élan plus ou moins affirmé… Et selon son orientation : vers les autres (le haut), vers soi (le bas), vers le passé (gauche), vers le futur (droite)…
Les dents de scie
C’est un symbole d’agressivité, qui peut être positif — esprit combattif —, ou négatif — sentiment d’hostilité, de colère.
L’astérisque (ou l’étoile)
Ils révèlent un désir de briller, d’irradier, mais aussi un risque de dispersion si les branches sont nombreuses et détachées du corps de l’étoile…
Le cadre autour de mots
C’est le signe d’une affirmation, d’une conviction. Mais qui peut aussi révéler un souci de perfectionnisme, ou une volonté de convaincre les autres comme soi-même… Son sens se rapproche de celui du geste qui consiste à repasser le stylo plusieurs fois sur des mots.