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– D’un côté, l’Association des Pharmaciens réitère son soutien et, de l’autre, une nouvelle demande d’injonction est formulée par des protestataires.

Cela fait une semaine aujourd’hui que sont entrés en vigueur de nouveaux règlements concernant l’achat de “Dangerous drugs” par les pharmacies privées auprès des grossistes ainsi que la livraison de ces médicaments. Tandis que la Pharmaceutical Association of Mauritius (PAM) animait un point de presse hier marin pour exprimer son accord avec ces nouvelles mesures prises, un groupe de pharmaciens était fermement décidé à les contester en Cour par voie d’une demande d’injonction. Pour leur part, des officiels du ministère de la Santé affirment au Mauricien qu’il n’y a pas de problème avec la mise en pratique des nouveaux règlements.

« La conférence de presse avait pour but de clarifier notre position sur les nouvelles mesures. Nous soutenons entièrement ces mesures et nous comprenons les raisons avancées par les autorités », a fait part Arvind Canhea, secrétaire de la PAM. Les dirigeants de la PAM soulignent les discussions que leur association a eues avec le ministère ainsi qu’avec leurs membres avant l’entrée en vigueur des nouveaux règlements. Et d’ajouter qu’au départ, la PAM n’était pas d’accord avec certains points, mais que le ministère a fait des amendements nécessaires en fonction des propositions faites par l’association. « Nous sommes contents que le ministère ait tenu compte de nos requêtes », a déclaré le secrétaire de la PAM.

La direction de la PAM admet « qu’il y a certaines divergences parmi les pharmaciens » et qu’elle respecte « la décision de ceux qui veulent contester les nouveaux règlements en Cour». Arvind Canhea s’explique au sujet de la décision de la PAM de ne pas se rallier aux contestataires. « Il y a un groupe de pharmaciens qui ne sont pas d’accord et ils sont venus nous voir. Nous leur avons dit que la PAM ne peut les suivre dans leurs protestations car les nouvelles mesures correspondent à la Dangerous Drugs Act et vont à l’encontre des pratiques frauduleuses dont le ministère a fait mention dans son communiqué annonçant les nouvelles décisions. »

Selon Arvind Canhea, la « PAM croit au dialogue » avec toutes les parties concernées et ses dirigeants restent ouverts aux discussions avec le groupe des contestataires. La PAM, disent ses dirigeants, suit la situation de près et selon ces derniers, « les activités dans les pharmacies se déroulent normalement » depuis l’introduction de nouvelles mesures. Toutefois, selon Arvind Canhea, il « est encore tôt pour faire une évaluation de la situation ».

Du côté des protestataires, on affirme que les démarches pour une injonction en Cour sont à un « stade très avancé » et qu’il y aurait environ « 115 pharmaciens qui soutiennent la pétition ». L’injonction sera logée contre le ministère de la Santé avec co-défendeur le Pharmacy Board. À noter que ce groupe de contestataires en est à sa deuxième tentative pour ce type d’action légale, la première injonction faite il y a quelques jours avait été rejetée parce que le règlement contesté était déjà en vigueur.

« Certaines personnes veulent faire passer les pharmaciens qui contestent les nouvelles mesures pour des trafiquants, et ce n’est correct. Nous ne voulons pas de “bashing” des pharmaciens », a réagi vivement un des principaux animateurs de ce groupe de contestataires. Ces derniers ne sont pas d’accord que les nouveaux règlements concernent principalement les pharmaciens alors que les directeurs de pharmacie sont directement concernés par le déroulement des activités dans leur commerce.

Selon les nouveaux règlements, la livraison de psychotropes dans les pharmacies commerciales doit être faite obligatoirement au pharmacien en service et son nom doit figurer sur le registre du Pharmacy Council (« Dangerous drugs should be delivered to pharmacists only »). Ce qui signifie la présence obligatoire d’un pharmacien pendant les heures ouvrables de la pharmacie. « On veut faire porter le chapeau au pharmacien seulement alors qu’il n’est qu’un employé comme les autres membres du personnel. On doit aussi responsabiliser les directeurs de pharmacie qui sont les acheteurs de ces médicaments. Ils doivent eux aussi signer les documents de livraison », dit un protestataire.  Les contestataires des nouveaux règlements réclament la mise en application de la Dangerous Drugs Act In Toto. «