Le porte-parole du PTr, Arvin Boolell, a invité le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, à opter pour l’apaisement dans ses déclarations publiques concernant le secteur financier. « Nous l’invitons à opter pour la raison et à choisir la voie de la coopération, et non de la confrontation. L’île Maurice mérite un apaisement », a-t-il avancé.
Le porte-parole du PTr a insisté sur la nécessité de ne pas blesser le secteur financier, « qui emploie beaucoup de jeunes et qui connaît une croissance de 7 à 10% ». Qualifiant la situation dans ce secteur « d’alarmante », il a fait mention des campagnes menées par certains pays et par certaines organisations internationales. Il a soutenu que certains articles parus dans la presse internationale, dont The Economist, sont inquiétants. « Ce média invite les gens à venir passer des vacances à Maurice, mais précise que l’île n’est pas un endroit propice à l’investissement. Ces propos sont effrayants parce que le secteur des services financiers est porteur pour l’économie, surtout que le pays ambitionne de devenir un centre financier international. » Et de faire ressortir qu’en deux mois et demi, plus de Rs 3,2 milliards ont été retirées de la Bourse et que « la confiance a été ébranlée ».
Arvin Boolell a aussi critiqué la dépréciation de la roupie, « qui a eu pour conséquence de refroidir les ardeurs des investisseurs ». Il a souhaité que l’affaire Belvédère ne donne pas lieu à un scandale. « Cette dépréciation de la roupie a donné lieu à une flambée des prix. » Il prévoit également une augmentation des intérêts. « L’industrie sucrière s’achemine vers une situation apocalyptique en 2018 avec l’éventualité que Maurice ait à importer du sucre de l’Europe pour sa consommation. Ce continent produit maintenant du sucre à meilleur marché que le Brésil. » Il a souhaité l’institution d’un comité d’urgence pour se pencher sur les problèmes de l’industrie sucrière, se réjouissant toutefois du renouvellement de l’accord de l’AGOA.
Soutenant que plusieurs secteurs économiques sont en voie de restructuration et « que le risque de licenciement est grand », le porte-parole rouge a dénoncé les « licenciements arbitraires » à la Waste Water Authority. Il a invité le gouvernement à « se ressaisir » et reprendre les personnes qui sont « victimes des circonstances ». Il poursuit : « Si le gouvernement continue sur la voie de la confrontation, cela mènera à une crise sociale. » Concernant le scandale de la BAI, Arvin Boolell a souligné que Dawood Rawat doit rentrer au pays pour donner des explications, mais il accuse dans le même temps le gouvernement d’être « responsable d’une situation qu’il ne peut contrôler ». Il a aussi dénoncé « la politique de “pick and choose” en ce qui concerne les poursuites et les interdictions de quitter le pays ».