La publication du rapport du Pay Research Bureau (PRB) et les réactions de l’opposition, plus précisément celles du MSM, à ce sujet, ont monopolisé l’agenda de la conférence de presse hebdomadaire du Parti travailliste, tenu hier matin. Le président du parti, Patrick Assirvaden, de même que Nita Deerpalsing, responsable de communication des rouges, ont émis les premiers commentaires sur le rapport en « situant le contexte économique » dans lequel le document a été publié, avant de balayer d’un revers de main les arguments et critiques jugés « farfelus » de l’opposition. Si l’actualité cette semaine a, certes, été dominée par la publication de ce rapport, le PTr a néanmoins profité de sa conférence de presse pour rappeler que le parti est prêt à briguer les municipales et que celles-ci auront lieu avant le 31 décembre 2012.
« Il est important de faire ressortir la situation dans laquelle le rapport du PRB a été rendu publique. Tou dimounn sanse, ki reflesi, ki swiv laktialite kone par ki kriz lemond pe pase. Maurice pa viv an isolasyon », a souhaité souligner Patrick Assirvaden, avant d’expliquer que le gouvernement est pour la révision salariale à la hausse dans le secteur public, et ce, malgré les contraintes économiques. En brossant un tableau de la crise économique dans le monde, le président du PTr a insisté sur la fragilité économique qui touche les pays partenaires européens, aussi bien que l’Inde et la Chine. « Même l’Inde et la Chine parlent de « zéro croissance ». (…) En France, le président Hollande a annoncé que l’exercice de recrutement se fera uniquement dans l’enseignement », a déclaré Patrick Assirvaden. Tandis que les acquis sociaux de ces pays, y compris la Grèce, l’Italie, l’Espagne, sont bouleversés par la crise économique, le gouvernement mauricien, a fait comprendre le président des rouges, assumera les Rs 4,6 milliards, soit le coût que représente le PRB. « Nous dépenserons cette somme pour les 84% des fonctionnaires de la classe moyenne et ceux qui sont au bas de l’échelle », a-t-il dit.
Maurice, qui n’est pas à l’abri des répercussions de la crise économique internationale, demeure un État providence. « Malgré cette crise, le Welfare State reste en place ! », a poursuivi Patrick Assirvaden. Mais après les diverses réactions du monde syndical, il demande aux principaux acteurs qui sont « les partenaires économiques et sociaux » du gouvernement de penser à l’avenir du pays et de faire appel à l’exercice d’Errors and Omissions pour rétablir les anomalies. « N’agissez pas comme des démagogues. Laissez cela à l’opposition », a ironisé le président du PTr.
À propos, justement, de l’opposition, Patrick Assirvaden a relevé que Kee Chong Li Kwong Wing, porte-parole de l’économie au MMM, fait preuve de manque de lucidité avec ses déclarations « ambiguës ». « C’est lui qui avait dit que le gouvernement a les moyens de débourser Rs 4,6 milliards, ki la kes ranpli ! Il a même fait appel à la révolte des syndicalistes. Deux semaines plus tard, il vient dire que le pays est mal géré et qu’on est au bord de la faillite ! »
Ainsi, selon Patrick Assirvaden, l’opposition « pe koze pou amiz lagalri ». Et le congrès tenu par le MSM à Vacoas, vendredi dernier, « a été un échantillon du ridicule » dont l’opposition serait capable, selon Patrick Assirvaden. « Zot inn tir SAJ dan freezer ! Zot pou remet li dan freezer dan de semenn », a encore une fois, ironisé Patrick Assirvaden. Il a aussi déploré l’attitude manipulatrice de l’opposition. Mais, a-t-il prévenu, « le PTr est gonflé à bloc ». « Nous sommes prêts pour n’importe quelle échéance. Le MMM connaît notre force. »
Prenant à son tour la parole, Nita Deerpalsing a d’emblée critiqué ceux qui font circuler « de fausses perceptions » après la publication du rapport du PRB. « Plus précisément Pravind Jugnauth, a avancé la responsable de communication des rouges, qui est en train de koz nimport. » Elle rappelle que ce dernier, alors qu’il était au gouvernement en 2003, bénéficiait de meilleures conditions économiques pour assurer le financement des recommandations du PRB. Toutefois, le ministre qu’était Jugnauth alors, avait pris la décision de procéder à un paiement en deux tranches : 75% d’abord, et 25% dans un deuxième temps.
En 2003, a ajouté Nita Deerpalsing, le PRB représentait Rs 2,3 milliards. « Pourquoi le peuple a-t-il eu à rembourser de sa poche les Rs 45 millions du Sun Trust en une seule tranche ? Il demande de jeter le présent rapport à la poubelle, alors qu’aucun syndicaliste n’a fait cette demande ! Il est déconnecté avec l’histoire politique du pays. An 87 ti ena ki ti demann bril rapor. Konsekans in bril rapor, gouvernman pann kapav paye ek se fonksyoner kinn perdi enn rapor net. Dan parti klan familyal zot pa for pou konpran lekonomi, me kan bizin tir sek pou met dan lakes familyal zot for », s’est-elle insurgée.
Nita Deerpalsing a par ailleurs profité de l’occasion pour inviter Pravind Jugnauth à expliquer pourquoi il ne tenait pas de conférence de presse conjointement avec le MMM. La députée rouge a aussi expliqué, voire justifié, le salaire attaché au poste de Chef juge. « Ce salaire, a-t-elle dit, est légitime et est en conformité avec l’expertise de celui qui occupe ce poste. »