Le bureau politique du PTr a, lors d’une réunion hier, offert les pleins pouvoirs à son porte-parole, Arvin Boolell, pour arrêter une liste de candidats en vue des prochaines élections municipales, prévues le 14 juin. Une bonne partie de la réunion a également été consacrée au leadership du parti et à la réforme du PTr.
« J’ai obtenu les pleins pouvoirs pour décider de la liste des candidats. Ce travail se fera en concertation avec les responsables de l’organisation des élections dans les différentes villes », a dit d’emblée Arvin Boolell. Le porte-parole du parti a insisté sur le fait qu’il a obtenu « non seulement le soutien moral, mais également le soutien de tous mes camarades, pour décider de la marche à suivre pour les élections ». Arvin Boolell a par la même occasion invité les partisans travaillistes à venir « porter main-forte » au PTr à l’occasion de ces élections. « C’est lorsque nous nous retrouvons dos au mur que nous nous sentons les plus unis contre un régime qui prend un air dictatorial », a lancé Arvin Boolell, avant d’affirmer que son parti présentera des candidats dans toutes les villes du pays.
Selon des sources proches du parti, outre les municipales, le leadership et la réforme du PTr ont aussi été longuement débattus dans le sillage de l’appel lancé par Arvin Boolell le 1er mai à Nouvelle-France, demandant à Navin Ramgoolam de “step down” en tant que leader des rouges. Interrogé par ses pairs sur les raisons pour lesquelles cette question n’a pas été abordée au préalable au bureau politique, Arvin Boolell a expliqué que cette question était « déjà traitée dans le public ».
C’est la première fois, fait-on ressortir, que ces questions sont ouvertement discutées au sein d’une instance du PTr. Chacun a ainsi eu l’occasion de parler à coeur ouvert. Mais il semble toutefois, à ce stade, que plusieurs tendances se dégagent au sein de ce parti. Un premier courant est ainsi en faveur de la démission de Navin Ramgoolam, en attendant la fin de ses démêlés avec la justice. Les défenseurs de ce courant d’opinion citent le cas du MMM, où Alan Ganoo avait assumé pleinement les fonctions de leader du parti et de leader de l’opposition en l’absence de Paul Bérenger lorsque ce dernier se faisait soigner en France. Un deuxième courant se prononce, lui, en faveur de la démission du leader, mais « sans brusquer les choses ». Enfin, d’autres, eux, se disent contre le départ de Navin Ramgoolam. Le porte-parole du PTr a insisté sur la nécessité que « chacun assume ses responsabilités » au sein du parti, « à commercer par le leader ». Il estime ainsi qu’en termes d’autorité et de légitimité, il aurait été préférable que le PTr se rende aux municipales avec un leader disposant des pleins pouvoirs, tenant en compte la situation d’incertitude créée notamment par l’affaire BAI. À noter que le mandat de Navin Ramgoolam au poste de leader est valide jusqu’en 2017. Cependant, rien ne l’empêche de céder le leadership, avec la possibilité de le reprendre une fois sorti du tunnel dans lequel il se trouve.
La question du financement du PTr, qui est actuellement entièrement contrôlé par le leader en titre, a également été évoquée hier. « Nous voulons que la question du financement du parti soit traitée dans la transparence », fait-on ressortir. Un courant au sein des rouges serait ainsi favorable à ce que l’argent du coffre de River-Walk revienne au parti et que les dirigeants puissent avoir accès à des fonds bancaires appartenant au parti. Quoi qu’il en soit, les débats auront été très animés. Il semblerait même qu’à un certain moment, Arvin Boolell aurait fait comprendre que, dans l’éventualité où toute possibilité de réforme du parti s’avérait impossible, il était disposé à remettre son tablier de porte-parole à quelqu’un d’autre, ce qui aurait provoqué une vive protestation de la part de ses pairs.
Lors de son point de presse hier, Arvin Boolell ne s’est pas appesanti que la question de leadership du PTr, estimant toutefois qui se considère comme un leader potentiel au même titre que d’autres dirigeants rouges. Les débats sur cette question ne font en tout cas que commencer et devront se poursuivre après les élections. Interrogé à ce sujet hier, Arvin Boolell s’est contenté de dire : « A la lumière de notre constitution, nous ne pouvons pas tenir le congrès tout de suite. » Et de faire mention du travail abattu par Satish Faugoo pour « améliorer » la constitution du PTr.