« Il ne faut pas que l’opposition utilise le Parlement pour instiller des doutes. » C’est ainsi que le président du Ptr Patrick Assirvaden a réagi à la question soulevée vendredi lors du PNQ par le leader de l’opposition Paul Bérenger au sujet des deux compagnies ayant postulé pour la gestion des routes à péages et blacklisted par la Banque mondiale. « C’est le Central Procurement Board qui évalue et donne le contrat », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse hebdomadaire du parti samedi. La directrice de communication, Nita Deerpalsing, l’a rejoint pour qualifier la rencontre du Premier ministre Navin Ramgoolam avec son homologue britannique David Cameron d’« évolution extrêmement positive ».
« C’est la première fois depuis 1997 qu’un Premier ministre est reçu à 10, Downing Street. Cela signifie que les efforts du Premier ministre en termes de diplomatie mauricienne payent et que sa crédibilité internationale est reconnue par les grands de ce monde », a soutenu Patrick Assirvaden. Selon le président du Ptr, Maurice dispose du soutien de la communauté internationale, que ce soit sur les Chagos et la piraterie. Un tel appui, ajoute-t-il, résulte de « cette constance de notre politique étrangère ».
Réagissant aux propos du leader de l’opposition Paul Bérenger selon lesquels le départ de Navin Ramgoolam pour Londres n’a pas été annoncé, Patrick Assirvaden a affirmé que « pa fer tam-tam lor la diplomasi », avant de rappeler qu’il fut un temps où Maurice a failli ne plus faire partie du Commonwealth. Le président du PTR a regretté la manière dont le leader de l’opposition « traite les journaux étrangers en avançant que Maurice a leak des informations ». Et à la directrice de communication de déclarer : « Ce ne sont pas des informations leaked. »
Patrick Assirvaden estime qu’au contraire l’île entière – indépendamment des polémiques – devrait renvoyer une image d’un pays uni au niveau international. Nita Deerpalsing a abondé dans le même sens, jugeant qu’« il est important qu’au niveau de Maurice, on se rallie derrière le gouvernement pour faire avancer la cause de nos amis chagossiens ». Elle a lancé un appel à certaines personnes dans l’opposition, ne siégeant pas au Parlement, « qui font des remarques de mauvais goût sur Facebook » à ce sujet de mettre un terme à un tel comportement.
Le président du PTR a aussi eu recours à l’humour et a mis le doigt sur ce qu’il pense être la vraie raison du renvoi de la campagne du MMM-MSM. « Je suis étonné que certains ne savaient pas que juin, c’est la période hivernale. Nous avons déjà fait notre campagne électorale en juillet/août. À la radio, Showkutally Soodhun dit qu’il faut interrompre le pèlerinage à cause du Ramadan. Mais, le Ramadan, ça se planifie d’avance. Ce n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est que le 1er meeting du MMM-MSM à La Louise a été un fiasco. La realite se ki zot fin bizin kansel pelrinaz dan 20 sirkonskripsyon. »
S’agissant de la PNQ de Paul Bérenger vendredi sur les compagnies blacklisted en lien avec la gestion des routes à péage, Patrick Assirvaden estime que le ministre de tutelle Anil Bachoo a été transparent en disant que ce n’est pas son ministère qui se penche sur la question mais le Central Procurement Board, « un corps indépendant ». Et d’ajouter : « Notre système de Procurement est très rigide. Je me demande même si ce n’est pas trop rigide, ce qui retarde souvent des projets ».
Il a en outre réagi à la question du député Ashit Gungah sur les « bad debts » du CEB entre 2005 et 2011, soit Rs 68 millions. Selon Patrick Assirvaden, « il y a plusieurs compagnies que le CEB a poursuivies et qui n’ont pas payé leurs dette. Par ailleurs, personne n’est intéressé à savoir à combien les “bad debts” entre 2000-2005 s’élevaient ? Rs 92 M »
Au regard de l’affaire Bois de Rose, Nita Deerpalsing a trouvé « exagéré » que Paul Bérenger parle de la Banque mondiale. « Ti pe koz DPP, l’ICAC, Speaker. Sakoula, la BM. Il ne faut pas exagérer. » Selon elle, « sur le site internet de la BM, il est mentionné que l’institution met à la disposition des gouvernements des équipes spécifiques dans la lutte contre le trafic des espèces en danger. Il est donc tout à fait normal que le gouvernement fasse appel à ces personnes qui ont exprimé leur disponibilité ». Le problème avec le leader de l’opposition, selon la directrice de communication, c’est qu’il « se fait le porte-parole de Soodhun avec tous ses bobards. Paul Bérenger, avec la complicité d’autres personnes cherchent des diversions pour faire accroire que certains dans le gouvernement sont impliqués ».
Commentant la dépénalisation de l’avortement dans certains cas, la directrice de communication du Ptr a estimé qu’à part « certains propos excessifs », notamment ceux de la députée Lysie Ribot, selon lesquels « le viol ne mène pas à l’ovulation », les débats ont été riches. Elle a mis en avant que le viol est utilisé comme une arme de guerre dans des pays comme le Congo. Elle s’est dit fière que « ce gouvernement ait eu le courage d’ouvrir ce débat qui est une avancée extraordinaire sur les droits de la femme ». Voter contre serait, selon elle, « condamner les femmes pauvres à Maurice ».