Au centre de Flacq hier, où le Ptr organisait un meeting, Navin Ramgoolam a demandé aux activistes rouges de se tenir prêts à descendre dans la rue à son appel. De leur côté, Arvin Boolell, Anil Baichoo ainsi que Patrick Assirvaden ont évoqué « l’importance d’une action de désobéissance civile, sans violence et dans la paix » à Belle Vue Maurel et à Port Louis pour soutenir la cause des grévistes de la faim.
« Si par malsans ene dimoun mor, nou pou bizin desan lor simin », a-t-il lancé hier soir, en se référant aux grévistes de la faim du Jardin de la Compagnie et à Belle-Vue Maurel, où la députée indépendante Danielle Selvon s’est jointe aux grévistes en guise de solidarité.
Le leader du Ptr n’a pas fait de cadeau à l’alliance MSM-ML-transfuges, affirmant n’avoir « jamais vu un gouvernement faire une telle mainmise sur l’argent public comme celui qui est actuellement au pouvoir ». Il a accusé les dirigeants actuels de « s’occuper de leurs épouses, membres de leur famille et proches, au lieu de travailler pour le pays » avant de reprendre son slogan, « bef travay souval manze », situation qu’il a dit « toujours avoir refusée ». Et Navin Ramgoolam d’annoncer qu’un « gouvernement travailliste mettra en place des structures afin de s’assurer que les gros ne s’enrichissent aux dépens des petits ».
Dans le but d’avoir les mains libres pour mettre en place sa stratégie, il a réitéré que le Ptr se rendrait seul aux élections générales. « Nou pale fer lalians ek aucain parti. Nou pa pou fer konsesyon », a-t-il lancé. Pour cela, il a demandé aux activistes travaillistes de « ne plus diviser les votes » et de voter pour trois travaillistes, avec lui comme Premier ministre et « personne d’autre ».
Une large partie de son intervention a été consacrée à l’ex-BAI. Le leader rouge a ainsi observé qu’aucune institution indépendante « n’a jamais démontré qu’il y avait un “ponzi”, comme l’a déclaré Pravind Jugnauth », ajoutant : « S’il y avait un vrai “ponzi”, le gouvernement n’aurait disposé d’aucun “asset” pour revendre afin de rembourser les clients de l’ex-BAI. » Après avoir soutenu que l’écroulement de la BAI « se résume à l’expropriation des biens de Dawood Rawat », il a dénoncé la façon dont les biens de la BAI ont été, selon lui, « dilapidés », ajoutant que « des gaspillages ont lieu alors que les clients du SCBG et de BAM attendent toujours d’être remboursés ».
Navin Ramgoolam s’est longuement appesanti sur les circonstances dont la clinique Apollo a été créée à Maurice et qui, par la suite, a été qualifiée de « jewel in the crown ». Il a également rappelé qu’après avoir « perdu de l’argent avec Omega Ark », la clinique, initialement évaluée à Rs 2,5 milliards, « a été vendue au groupe CIEL pour Rs 700 millions », avant de préciser qu’après « le remboursement des dettes accumulées, seulement  Rs 77,2 millions sont allées à la NIC ». L’hôpital Apollo est, selon lui, « un symbole du démantèlement de la politique de démocratisation de l’économie » mis en place par le gouvernement « car il a été vendu à un groupe qui possédait déjà une clinique ».
Le meeting d’hier était présidé par Dhiraj Khamajeet,  candidat malheureux avec Anil Baichoo dans la circonscription No 9 lors des élections générales de décembre 2014. Anil Baichoo a rappelé les réalisations dans la circonscription alors qu’il était au gouvernement. « Au vu de l’attitude adoptée par le gouvernement devant les revendications des grévistes de la faim, les activistes travaillistes n’auront d’autre choix que d’organiser une action de désobéissance civile », a-t-il dit. Auparavant, Arvin Boolell avait affirmé qu’on « ne peut rester indifférents alors que les gens meurent à Belle-Vue Maurel et au Jardin de la Compagnie ». Et d’insister sur la nécessité « d’exercer une forte pression » pour que le gouvernement organise des élections générales anticipées. Arvin Boolell a aussi affirmé que la police a décidé de l’interroger “under warning” après avoir participé à une manifestation à Port-Louis jeudi. Pour lui, il est « important de se mobiliser pour l’unité dans le pays », raison pour laquelle il demande aux activistes travaillistes de « se tenir prêts à descendre dans la rue, dans la paix ». Patrick Assirvaden, de son côté, a dénoncé le gouvernement et le ministre Ivan Collendavelloo qui, dit-il, « veulent privatiser la CWA et le CEB, mettant ainsi en péril l’État providence préconisé par le Ptr ».