Lors d’un point de presse mardi après-midi, Shakeel Mohamed est revenu sur les amendements apportés aux projets de loi présentés par Roshi Bhadain. Le député rouge a aussi vivement critiqué le Premier ministre et la Présidente de la République.
Le porte-parole du Parti travailliste (PTr) à l’Assemblée nationale, Shakeel Mohamed, s’est interrogé sur la capacité de la Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, à « turn down » le projet de loi sur la bonne gouvernance présenté par le ministre Roshi Bhadain, et d’éventuelles nominations qui vont « à l’encontre des principes d’un État démocratique ». « C’est du jamais vu », a commenté le député rouge lors d’un point de presse mardi aux côtés d’Ezra Jhuboo, Ritesh Ramphul et Osman Mahomed. Sa critique concerne la déclaration de la Présidente de la République qui a décrit le projet de loi avant sa présentation au Parlement, pour dire qu’il est « dans l’intérêt du pays ». « Avant même le second reading au Parlement, avant même d’écouter qui que ce soit, elle a donné son opinion sur ce projet de loi. Pouvons-nous attendre une indépendance de la part de la Présidente, et qu’elle n’agira pas simplement comme un “rubber stamp” de tout ce que le gouvernement décidera ? » lance Shakeel Mohamed.
Commentant les amendements apportés par le gouvernement au projet de loi sur la bonne gouvernance, Shakeel Mohamed les a qualifiés de « colourable devices » qui, selon lui, « pe anbet la popilasion ». Le porte-parole du PTr à l’Assemblée a relevé que les déclarations du Premier ministre qui induisent qu’il y a eu un débat sur ce bill sont « archi-faux ». Shakeel Mohamed a aussi parlé de « l’incapacité » du Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, à répondre aux questions au Parlement.
Pour le député rouge, le Good Governance and Integrity Reporting Bill « est clairement un outil politique entre les mains du gouvernement ». Commentant les trois amendements apportés à ce projet de loi, Shakeel Mohamed constate que l’amendement qui fait que le Premier ministre va choisir le directeur en consultation avec le leader de l’opposition est « cosmétique ». Quant à celui sur le seuil de Rs 10 M requis, il « ne veut rien dire ». Et concernant le délai de six semaines pour l’aboutissement d’une enquête, Shakeel Mohamed constate que « rien n’a changé ».
« Le ministre Roshi Bhadain ne peut toujours pas nous expliquer pourquoi cette loi n’est pas rétroactive jusqu’en 1968 », a ajouté le député rouge avant de demander : « Kifer pa kapav kre enn instans konstitisionel pou zer enn organism parey ? »