L’investiture de Mireille Martin comme troisième candidate de l’alliance PTr/MMM au No 1 est confirmée. L’intéressée a pris la parole à une réunion à La Tour Koenig hier soir pour dire qu’elle « respectait le choix des deux leaders de l’alliance » et que, tout comme Ariane Navarre-Marie, « mo finn kit No 4 dan mem lespri ki li finn kit No 1 ». Elle a ajouté s’être fixée comme objectif « un résultat de 3-0 en faveur de l’Alliance de l’Unité et de la Modernité ».
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a présenté Mireille Martin comme « une femme qui agit en toute liberté d’esprit » et a relaté les circonstances dans lesquelles celle-ci avait choisi de démissionner du MSM pour adhérer au PTr. Selon lui, lors des événements débouchant sur la défection de six ministres MSM du gouvernement, Mireille Martin n’était pas au pays. À son retour, Pravind Jugnauth lui a donné sa version des faits et, voulant connaître un autre son de cloche, Mireille Martin se serait rendue à la Clarisse House. Elle avait alors fait clairement comprendre dès le début de sa rencontre qu’elle n’avait aucune intention de démissionner du MSM. Après avoir quitté la Clarisse House, les dirigeants du MSM, ayant eu vent de la rencontre, auraient fait suivre ses mouvements et lui auraient promis un salaire équivalant à celui d’un ministre, mettant même à sa disposition un bureau au Sun Trust building. « Mireille Martin finn trouve ki zot ti pe rod aste so konsyans e linn desid pou kit MSM. »
Le leader du PTr a déclaré qu’il avait demandé à Maya Hanoomanjee de démissionner comme ministre aussitôt la confirmation qu’elle serait interrogée par l’ICAC, « mais elle ne l’a pas fait ». Lorsque l’ICAC l’a interpellée, elle avait déclaré qu’elle était souffrante et s’était fait admettre dans une clinique privée, où elle devait recevoir la visite du Président de la République, sir Anerood Jugnauth, et celle de son avocat. À son retour du pays, Navin Ramgoolam avait rencontré le Président, qui lui aurait confié que « pour régler le problème et que les choses reviennent à la normale, il faut ordonner à l’ICAC de mettre un terme à l’enquête sur MedPoint », ce qu’il aurait refusé. « Tout cet épisode n’a pas été raconté à Mireille Martin », devait déclarer le leader du PTr.
Navin Ramgoolam s’est également montré très critique à l’égard de Xavier-Luc Duval, qu’il a accusé d’avoir « accordé la priorité à garantir des salaires mirobolants à sa clique d’amis », dont il a énuméré les noms, ajoutant : « Si Maurice Allet et Lindsay Morvan ont quitté le PMSD, c’est parce qu’ils ont considéré que ce parti n’en valait pas la peine. » Et d’ajouter : « Les amis de Duval, notamment Robert Desvaux, Roshan Seetohul, etc., n’avaient en tête que d’organiser des fêtes lorsqu’ils étaient au ministère du Tourisme. C’est pour cela que Michael Sik Yuen a voulu mettre de l’ordre. »
Précédant le Premier ministre, Paul Bérenger a repris des thèmes déjà évoqués ailleurs. Tout comme Navin Ramgoolam, il a tenu à rassurer l’électorat sur la réforme électorale envisagée et le projet de IIe République, « qui sont plus à l’avantage des Mauriciens qu’elles ne constituent un danger ». Autre dossier évoqué : le projet du métro léger, « pour lequel l’Inde compte accorder une enveloppe de USD 600 millions ». Il a critiqué Pravind Jugnauth pour avoir tenté de dissuader l’Inde d’aller de l’avant avec le projet et a fait ressortir que « l’Inde a tout simplement désavoué Pravind Jugnauth », avant d’ajouter : « Comme programmé, le financement est en voie d’être finalisé et le contrat avec la compagnie indienne qui assurera la concrétisation du projet sera signé après les élections. »