Le Premier ministre était présent hier lors d’un meeting régional de l’Alliance de l’Unité et de la Modernité sur la place des taxis, à Phoenix. À cette occasion, Navin Ramgoolam a promis que la circonscription N° 15 (La Caverne/Phoenix) disposera d’un ministre au sein d’un éventuel gouvernement PTr/MMM. Il a également accusé sir Anerood Jugnauth d’avoir « tenté deux coups d’État ».
Navin Ramgoolam a repris les grands thèmes de la campagne électorale de l’alliance PTr/MMM, à savoir que « l’alliance entre les deux partis représente l’unité et la consolidation du gouvernement alors que Sir Anerood Jugnauth, lui, représente la division et le mépris à l’encontre de toutes les communautés », avançant que les gouvernements dirigés par sir Anerood Jugnauth étaient marqués « par l’instabilité ». Il ajoute : « Non seulement il a constamment changé de ministres, mais il n’a jamais pu aller jusqu’au bout de son mandat de cinq ans. »
Il a également accusé SAJ d’avoir tenté de faire deux « coups d’État » : « Une première fois quand il avait demandé à sir Gaëtan Duval de créer une agitation communale dans les circonscriptions afin qu’il puisse proclamer l’état d’urgence, et une deuxième fois lorsqu’il a essayé de mettre le gouvernement en minorité dans le sillage de l’affaire MedPoint. » Le leader du PTr a soutenu que SAJ lui avait affirmé qu’il ne se livrerait à aucune activité politique alors qu’il était Président de la République, ajoutant que des rumeurs étaient distillées par Paul Bérenger, propos qu’il avait par la suite rapporté à la presse lors de l’inauguration du stade James Burty David. Selon lui, appréhendant une vive réaction de Paul Bérenger, SAJ avait ensuite préféré démissionner de ses fonctions de Président.
Navin Ramgoolam a également réfuté les critiques formulées à l’encontre du partage des pouvoirs dans le cadre de la IIe République, rappelant que SAJ avait accepté un partage équitable des tickets avec le MMM en 2000, faisant même les éloges de Paul Bérenger, avant de lui accorder le poste de Premier ministre avec tous les pouvoirs en 2003. « Qu’a-t-il à craindre aujourd’hui alors que les pouvoirs seront partagés et que le Président élu au suffrage universel disposera de pouvoirs additionnels, dont la nomination des hauts fonctionnaires, la possibilité de présider au Conseil des ministres et la dissolution du Parlement ? » Rappelant que Xavier-Luc Duval avait démissionné du gouvernement en 1995 « suite à des propos méprisants contre la communauté créole » et que Showkutally Soodhun avait été emprisonné sous un de ces mandats, le Premier ministre a ironisé sur le fait que tous deux se retrouvent aujourd’hui aux côtés de SAJ.
Le leader du PTr a aussi critiqué Ameenah Gurib-Fakim, présentée comme candidate à la Présidence de la République par l’Alliance Lepep, à qui il reproche de vouloir être présidente « alors qu’elle n’a pu être vice-chancelière de l’Université de Maurice ». Il a également évoqué les circonstances dans lesquelles Kader Bhayat avait été présenté comme vice-Premier ministre en 1983 avant d’être remplacé par sir Gaëtan Duval après les élections. Il a finalement invité l’assistance sur la Place du Quai le 7 décembre prochain pour le dernier grand rassemblement de la campagne électorale.
« Lagrev touzour enn sakrifis »
Le leader du MMM, Paul Bérenger, s’est pour sa part exprimé sur la grève dans l’industrie sucrière. « Travayer kapav reklam so drwa me lagrev li touzour enn sakrifis. Mo sagrin bann sakrifis ki bann travayer pe fer fas, les larbit trouv enn solisyon. » Revenant sur la compensation salariale annoncée, il a déploré que Pravind Jugnauth et Xavier-Luc Duval n’avaient octroyé que Rs 300 d’augmentation trois années de suite du temps où ils étaient ministre des Finances, alors que le gouvernement vient de proposer Rs 400 de compensation pour ceux au plus bas de l’échelle. « Pour la première fois depuis très longtemps, les syndicalistes ont dit qu’ils étaient satisfaits de la proposition. Zordi nounn mark enn gran kou pou lazistis sosyal », a-t-il déclaré. Et d’ajouter que le Premier ministre proposera prochainement une augmentation des diverses pensions qui prendrait effet à partir du 1er janvier 2015.
Avançant qu’il ne restait que 11 jours avant le grand meeting de la Place du Quai, à Port-Louis, Paul Bérenger s’est dit « fier » de sa liste de candidats alors que la candidature de Raj Dayal, elle, « est une honte, car il a été condamné par une commission d’enquête ». Il a par ailleurs évoqué la restructuration de la MBC, la création d’une télévision privée, le combat contre la fraude et la corruption, « la relance de l’économie dans la justice sociale tout en favorisant son développement », ainsi que les problèmes de l’eau et de l’électricité, dossiers prioritaires d’un éventuel gouvernement PTr/MMM. « Zot konn mo kapasite travay. Delo ek elektrisite pou priorite gouvernman », devait-il ajouter.
Paul Bérenger a aussi affirmé que le gouvernement PTr/MMM reverrait à la hausse la pension de vieillesse, mais aussi celle des handicapés, des orphelins et des veuves, mais qu’une somme devrait être réservée pour financer les mesures annoncées dans la formation et l’éducation. Il a également annoncé la nomination d’un certain nombre de membres du MMM à des postes importants, dont celui de Kee Chong Li Kwong Wing à la tête d’une institution financière.
Soulignant que « les gens comprennent désormais l’importance de la réforme électorale », Paul Bérenger affirme que le projet de IIe République « est un sujet de démagogie pour l’adversaire » avant d’ajouter que le partage des pouvoirs entre un Premier ministre et un Président de la République « existe dans de nombreux pays » et que cela constitue « un approfondissement de la démocratie ». Les candidats de l’alliance PTr/MMM dans la circonscription – Josique Radegonde, Raffick Sorefan et Surendra Dayal – sont également intervenus. À noter que Surendra Dayal a dû faire patienter la foule en attendant l’arrivée du Premier ministre, qui participait à un meeting à Goodlands.