Les « deux sections de la presse », en l’occurrence La Sentinelle et Le Mauricien,  sévèrement critiquées la semaine dernière pour avoir monté  « une cabale » contre « une activiste du Parti Travailliste » n’ont pas été épargnées hier, lors de la conférence de presse conjointe du PTr et du PMSD. Pendant près d’une heure, ces « deux sections de la presse » ont été à nouveau critiquées par les intervenants, en l’occurrence Patrick Assirvaden, Nita Deerpalsing, Lormus Bhundoo et Lindsay Morvan. Pour cause, la presse, principalement ces deux groupes, « a été trop loin ». Ses commentaires et ses agissements ont été la raison pour laquelle le juge Bushan Domah s’est retiré de l’affaire Nandanee Soornack. Pour les rouges et bleus, la presse ciblée a manqué de respect au judiciaire. Et, pire, elle est de connivence avec l’opposition. C’est « cette presse qui se comporte comme des opposants et agents politiques » que la majorité gouvernementale se dit contre. Chacun, a insisté Nita Deerpalsing, responsable de communication, que ce soit la presse, les partis politiques ou le judiciaires, doit rester à sa place et assumer ses responsabilités pour le bien et la bonne marche de la démocratie. « Nous n’avons pas envie d’être critique contre la presse. Mais c’ests contre cette presse qui se comporte comme des opposants que nous, la majorité gouvernementale, sommes contre! » Par ailleurs, le Parti travailliste, s’est interrogé sur le désintérêt de la presse sur les différents services de restauration gérés par Tropical Times, à l’aéroport. Il y aurait là, un flagrant conflit d’intérêt. Car, cette enseigne appartient à un proche de Pravind Jugnauth.
Les « deux sections de la presse » en ont eu pour leur compte hier matin. D’entrée de jeu, Patrick Assirvaden, le président du parti, n’a pas ménagé ses mots… et ni ses cibles : « Les deux groupes de presse » et l’opposition. « Après avoir attaqué la police, le DPP, l’ICAC… j’avais prédit que le MMM/MSM allait s’en prendre au judiciaire. Malheureusement, j’ai eu raison », déclare Patrick Assirvaden. Selon lui, l’opposition et la presse sont sur la même longueur d’ondes et n’auraient pas apprécié le ruling du juge Domah. Et souhaitent « ki kez la al ziska Privy Coucil ». Cette attitude, dit-il, relève du lynchage du judiciaire. L’opposition et les deux groupes de presse, avance le président des rouges « ont les mêmes objectifs et mènent le même combat! » Cela est, dit-il, très grave pour le pays.
De son côté, Lormus Bundhoo, secrétaire général du PTr et ministre de la Santé, a déploré « la censure, le boycott » de l’information par l’express, qui aurait omis de rapporter les points forts (dont la tenue du congrès en février prochain) de la première réunion de l’exécutif du parti vendredi dernier. « On est en droit de se demander, pour qui roule l’express? », s’est-il insurgé.  
Nita Deerpalsing, qui a tenu a rappelé qu’elle a récusé les charges portées contre elle (ndlr: l’affaire de rencontres avec Cehl Meeah) par Sir Aneerood, a fait une sortie contre ce dernier en énumérant plusieurs cas qui relève d’abus de pouvoir, au temps où il était au pouvoir. Notamment les billets de banque de Rs 20 et Rs 500, le timbre poste à l’effigie de SAJ, l’allocation de terrain à Wolmar, le démantèlement de l’ECO, le Sun Trust… Elle a aussi rappelé que Pravind Jugnauth n’avait pas hésité à refuser l’accès à l’express dans une de ses conférences de presse en tant que ministre des Finances. « Nous, au PTr, nous étions farouchement opposé à sa démarche », déclare-t-elle.
Lindsay Morvan, porte-parole du PMSD, a estimé que la presse pratique une politique de deux poids, deux mesures. Pourquoi, s’est-il demandé, il y a eu un « silence assourdissant sur l’accident mortel impliquant Raj Meetarban (ndlr: rédacteur en chef de l’express), le dimanche 13 janvier sur l’autoroute à hauteur du pont Mattur? » Ce « silence », dit-il, est l’exemple même du traitement qu’accorde la presse à « deux catégories de citoyens ». « Il y a ceux qu’elle protège par le silence et d’autre qu’elle expose! », déclare Lindsay Morvan.