Les amateurs de littérature auront facilement deviné que l’auteur aura été fortement marqué par le personnage fantasque de l’oeuvre de Lewis Carroll. Sauf que le jeune et très prolixe professionnel veut qu’on le prenne beaucoup plus au sérieux dans son désir de voir émerger une île Maurice transformée en paradis pour les détenteurs de moyens de production…
Eric Ng a le grand mérite d’être un extraverti doté d’une plume facile et d’une grande maîtrise de la langue anglaise. Tel père, d’ailleurs prof d’anglais lui-même, tel fils ! Déjà auteur de deux livres, « Mieux comprendre l’économie » (2005) et « A contre-courant, essais sur l’économie mauricienne », ce champion de la libre entreprise qui ne s’en cache pas, nage, une fois de plus, à contresens de la vague altermondialiste qui, elle, veut, au contraire, qu’il y ait un contrôle plus strict de la finance et des affaires… Ce genre de contrôle que « le président du pouvoir d’achat » et du « Travailler plus pour gagner plus »(Sarko) a appelé pudiquement « moralisation des affaires ».
Dans son nouveau bouquin qu’il dédie principalement aux decision-makers, aux professionnels, aux chercheurs-analystes et aux étudiants d’universités, l’auteur rappelle lui-même que le tout dernier indice (celui de 2011) relevé par le très conservateur Think Tank américain, l’Economic Freedom et le Wall Street Journal, classe la République de Maurice 12ème économie la plus libre au monde et 1ère parmi les 46 pays aficains subsahariens. L’index de Economic Freedom a couvert 183 pays et notre république a été évaluée à 76. 2 % libre. Soit un score général qui nous place au-dessus de la moyenne mondiale dans tous les dix critères de recensement de libertés économiques. Mieux encore, signale l’auteur de « Alice in the Dodoland », Maurice, en se classant 9ème, a devancé d’un point les Etats-Unis (le berceau de la libre entreprise) à l’issue d’une notation effectuée par l’Institut Fraser. De quoi donc devrait encore se plaindre le Managing Director de Pluri-Consult, peut-on se demander ?
Voilà ! Pour Eric Ng,  « être une économie ouverte comme quelques fainéants africains », se croit-il bien obligé de préciser non sans un certain dédain, « ne suffit pas, parce qu’une économie a besoin d’institutions qui facilitent l’entreprenariat privé « .