Les trois syndicalistes Rashid Imrith, Leckhraz Imrit et Amarjeet Seetohul ont mis fin hier à leur mouvement de protestation peu après 19 h 30, une fois le rapport Errors and Omission du Pay Research Bureau en main. La publication des recommandations de Dev Manraj représente l’aboutissement d’une lutte pour tous les fonctionnaires, soutenu principalement par les femmes.
À 18 h hier, ce sont trois hommes sereins qui discutaient entre eux. Habillés chaudement, ils étaient entouré de leurs proches, des syndicalistes représentant les différentes ailes de la fonction publique mais également du secteur privé, notamment la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) avec la présence de Jane Ragoo, présidente, et de Reeaz Chuttoo, secrétaire. Entourés également d’employés de la fonction publique, ils n’auront jamais cessé de bénéficier de soutien depuis leur mouvement de protestation.
La soirée d’hier a été principalement marquée par l’attente du point de presse du chef de l’État, prévu à 18 h 30. « Tou dan so lamin-la », pouvait-on alors entendre. Toutefois, à partir de 19 h 15, les choses sérieuses devaient se préciser. La conférence de presse de Navin Ramgoolam retient alors l’attention de tous ceux présents, qui se massent autour des trois grévistes. Pendant la déclaration du Premier ministre, s’esquissent sur le visage des grévistes des sourires et de brefs regards de satisfaction en direction du public.
Une fois le point de presse achevé, c’est sous des applaudissements que le meneur de ce mouvement prend la parole. Rappelant les conséquences de cet acte de protestation, Rashid Imrith a indiqué qu’il n’y avait aucun autre remède à part une grève de la faim pour « guérir » les fonctionnaires. Et d’affirmer que selon des médecins, ils avaient encore assez d’énergie pour poursuivre ce mouvement pendant encore dix jours.
Soutien
Reconnaissant le soutien des fonctionnaires, particulièrement des femmes, pendant ces quatre jours de grève de la faim au rez-de-chaussée du Registrar General Building, à Port-Louis, Rashid Imrith indique toutefois que « ce combat » n’était pas sans conséquence. Et de rappeler que tout porte à qui le mérite. « Nou bien satisfe ki nou konba finn abouti. Avek piblikasion rapor Manraj, tou seki noun gagne se gras a lagrev de lafin », dit-il. « Dan tou konba, zame ou gagn kitsoz lor plato », précise-t-il. « Mo finn dekouver enn ta zafer diran sa kat zour-la. Mo finn sirtou rekonet soutien bann fam fonksioner. Zot finn reprezant enn gran lapwi pou nou bann grevis diran sa kat zour-la. Ena finn kit zot fami, pou vey lor nou asoir pandan ki nou ti pe dormi », a déclaré M. Imrith, interviewé au téléphone ce matin. Ce dernier est rejoint dans ses propos par Amarjeet Seetohul, président de la Ministry of Health Employees Union. « Cette grève de la faim représente une avancée conséquente pour les employés de la fonction publique. C’est une première dans l’histoire et une nouvelle page dans l’histoire de la classe syndicale. » Selon lui, cette grève de la faim représente la défense d’une cause nationale. Et de préciser : « Ena 83 000 fonksioner dan sa pei-la. »
Selon le président de la MHEU, les trois grévistes « connaissaient les conséquences de cet acte. Mais nous étions déterminés à aller jusqu’au bout puisque nous avons soif de justice sociale », soutient-il. Désormais, il estime que la fonction publique connaît un « jour nouveau ».
Pour Rashid Imrith, Amarjeet Seetohul et le président de la Health Employees Union, Leckhraz Imrit, ce fut le combat de toute la fonction publique. « Pa ti ena okenn banderol nou sindika ou nou federasion. Ti enn konba dirizan sindika pou militan sindical », devait conclure le président de la FSSP.