Jacqueline Issur a sorti cette année son nouveau roman Astor’s Maiden Cruise around the world. Elle nous y décrit le monde du travail à Maurice dans les années 80 ainsi que la découverte du monde par une Mauricienne de classe moyenne. Publié par Author House en Grande-Bretagne, il est disponible depuis peu dans les librairies.
Après son premier livre Ebony is still on Mauritius, cette ancienne employée du secteur du tourisme replonge dans ses souvenirs pour nous décrire le monde du travail à Maurice dans les années 80 ainsi que la découverte du monde par une Mauricienne de classe moyenne. Une époque où même les détenteurs d’un Higher School Certificate se faisaient un devoir de prendre de l’emploi dans l’industrie du textile : unique secteur en expansion dans le pays alors que le chômage battait son plein.
L’intrigue qui se déroule en 1987, met en avant les personnages Mela, Biance, Nicoleta et Juliette, quatre jeunes filles de communauté et de classe sociale différentes mais appelées à découvrir une vie moderne, où l’on utilise le lave-vaisselle, la machine à laver entre autres et à connaître de nouveaux horizons grâce à la venue du Astor Maiden. Un bateau de croisière de luxe à bord duquel elles feront le tour du monde et découvriront des cultures ainsi que des lieux, qu’elles avaient vus jusqu’ici que sur les cartes postales.
Pour ce faire, l’auteur replonge dans ses souvenirs, ses carnets de notes et ses photos afin de dépeindre ce nouvel univers et faire vivre à son lecteur le rêve d’une jeune femme. Sa connaissance de l’allemand lui permet de remporter un ticket sur un bateau de croisière cinq étoiles. Mais ce voyage sera parsemé de difficultés, comme l’adaptation à la nourriture européenne, les diverses séances de formation entre autres…
Notons que Jacqueline Issur a dans ce roman un style plus soigné en matière d’écriture, contrairement à son premier roman Ebony is still on Mauritius, publié en 2009. Astor’s Maiden Cruise around the world fait montre d’une délicatesse et d’un sens du détail quant au sentiment des jeunes personnages.
Jacqueline Issur explique que l’écriture de ce deuxième texte a nécessité plus de temps. « J’ai gagné en maturité et je voulais offrir à mes lecteurs, un texte beaucoup plus enrichissant mais pour cela il m’a fallu beaucoup de recherches et replonger dans l’ancienne “moi”. »
La recherche est, certes, un domaine qu’elle connaît. En effet, son premier roman relate des faits importants du 17e siècle, comme le monde de l’esclavage vécu par des familles à Maurice, méconnus de nombreux citoyens. Il évoque aussi le refus des colons d’abolir l’esclavage et les stratèges qu’ils ont mis en place comme l’arrivée de certains « bienfaiteurs » pour la communauté noire du pays.
Quant au choix de l’anglais pour ses textes, « je suis consciente que cela puisse présenter un problème pour les Mauriciens qui sont plutôt francophones toutefois, j’ambitionne de les traduire ». Son livre Ebony is still on Mauritius a rencontré un grand succès.