Rosalie est le premier roman écrit par Annick Joffre mais sortira quelques semaines après son autre roman Les Tortues retournent toujours vers la mer. L’auteure était à Maurice au début de l’année pour la présentation en primeur de son livre dont l’histoire se déroule ici.
C’est après une longue carrière dédiée au cinéma qu’Annick Joffre se lance dans l’écriture littéraire. Un rêve d’enfant qui se réalise. Conquise par l’île Maurice où elle passe régulièrement ses vacances depuis 1996, elle décide d’y inscrire son premier roman. Loin de l’île carte postale, l’auteure raconte une histoire dure que ces personnages assument néanmoins jusqu’au bout.
De pure fiction, précisait-t-elle lors, d’une récente interview accordée au Mauricien, Rosalie est imprégnée de bout en bout de violence – pédophilie, viol, meurtre… « J’ai certainement été marquée par toutes ces histoires de prêtres pédophilies en France », affirme-t-elle. Mais aussi d’une part d’amour !
Si l’auteure avoue que sa longue carrière au cinéma a facilité la création de la trame de son histoire – « Je savais où placer les personnages, à quel moment les faire apparaître dans l’histoire » –, le lecteur aura certainement repéré ces influences cinématographiques, notamment au début du roman, de par la rapidité avec laquelle se déroulent les scènes, le laissant même parfois à bout de souffle. Certains aspects de la personnalité des protagonistes principaux lui échappant aussi par moments, il ne peut alors se fier qu’à ce que l’auteure raconte. Cependant, très vite il sera plongé dans l’histoire de la petite Rosalie, d’origine créole, violée, enceinte qui sera envoyée dans une grande case créole chez des blancs comme “nénenne”. Commence alors le long cheminement de cette jeune femme…
De temps à autre, l’auteure introduit des petits résumés comme des flashbacks pour rappeler quelques faits qui se sont déroulés plus tôt dans l’histoire. Elle est imprégnée d’expression créole. Par endroit, ce créole est influencé par la langue d’origine de l’auteure, le français. Elle fait aussi un clin d’oeil au créole réunionnais.
Rosalie se situe dans une île Maurice contemporaine, celle des années 80 à nos jours. Elle peint la vie des petites gens « noires » et celle des « grands propriétaires blancs ». Cette dichotomie rappelle beaucoup l’époque où les serviteurs noirs ou créoles vivaient dans des dépendances des grandes cases. Un temps qui semble être révolu. La stratification de la société dépeinte dans le roman et la manière dont elle est bousculée avec l’ascension sociale de la petite créole apporte une dimension rocambolesque à l’histoire.
Le roman se tient en 334 pages. Divisé en trois parties, il se lit facilement et garde en haleine son lecteur jusqu’à la fin. Le livre est disponible dans les librairies à Maurice depuis décembre dernier.