Si Tikoulou fait régulièrement réfléchir sur les causes environnementales, ce thème est cependant loin d’être répandu dans la bande dessinée. Certains auteurs se la jouent de temps à autre écolo. Histoire de nous rappeler que la protection de la nature est l’affaire de tous !
À l’heure où les questions sur le réchauffement climatique trouvent de plus en plus de réponses, et où la protection de la nature et autres causes idéo-écologistes intègrent davantage les programmes et ambitions politiques à travers le monde – même si leur mise en application tarde ensuite – , chacun s’accorde à reconnaître que les campagnes environnementales revêtent aujourd’hui plus que jamais une importance capitale. Si le mot d’ordre semble désormais être l’éducation, d’aucuns ont compris que celle-ci pouvait – et même devait – passer par les médiums les plus appréciés du grand public, petits et grands, à l’instar de documentaires télévisés et films catastrophes mettant en scène une nature de plus en plus vengeresse. Mais à quelques rares exceptions près, la bande dessinée sera longtemps restée en retrait du débat, n’évoquant que rarement, et le plus souvent de manière succincte, le douloureux souvenir de la disparition de nos forêts et autres espèces protégées, rappelant au passage que protéger l’environnement consiste avant tout à se protéger soi-même.
À travers ses aventures, Tikoulou nous rappelle bien sûr ce fait indéniable. Mais d’autres héros se sont également engagés dans cette voie. C’est notamment le cas de ceux de L’Aventure Cousteau qui, à travers de pas moins de 17 tomes, s’intéressent particulièrement à la vie marine en suivant la Calypso et l’Alcione dans leurs voyages. Tout aussi sérieux, et poussant à une profonde réflexion, Guillaume Trouillard – à la fois scénariste et dessinateur – propose pour sa part Colibri, une BD plus spécialement dédiée aux ados et adultes. Cette sorte de déambulation onirique dans une mégalopole imaginaire – bien que ressemblant à celles poussant allègrement en Chine – est un récit improvisé, comme un long plan-séquence guidé par le pinceau. Mais l’oeuvre demeure avant tout un manifeste écologiste, une ode aux peuples premiers.