L’année 2011 est riche en nouveautés sur Malcolm de Chazal, grâce au programme de la fondation qui, enfin dotée d’un président, a pu entreprendre les activités dont elle a la vocation. Cette « année Chazal » laissera des souvenirs et réminiscences à ceux qui l’ont suivie, et aussi les quelques nouveaux objets que sont les livres édités à cette occasion. Le plus récent d’entre eux est le dernier numéro de l’Atelier d’Écriture, qui vient de paraître en librairie après un lancement en septembre. Il dévoile un essai et un conte inédits…
Sous le titre « Malcolm de Chazal — Réflexions inédites et contes », L’Atelier d’écriture rend deux textes totalement inédits accessibles, tandis qu’il réédite des nouvelles ou contes qui avaient été publiés ponctuellement dans la revue Two Cities ou dans le journal Advance. Daté de juillet et août 2012, ce numéro exceptionnel rétablit la version intégrale et originale du texte en cinq parties qu’est Le message de Sens-Plastique. Bernard Violet en avait publié les troisième et cinquième parties dans L’Ombre d’une île, qu’il vient de rééditer dans une autre version chez Philippe Rey, en France sous le titre « À la rencontre de Malcolm de Chazal ».
Chazal livre dans ce texte des clés indispensables à quiconque veut comprendre sa conception de la création littéraire et plastique, et la position qu’il entendait occuper vis-à-vis d’autres artistes ou auteurs auxquels il s’intéressait quand il ne les admirait pas. Il se situe par rapport aux courants contemporains de l’art abstrait et de la figuration. Il évoque Baudelaire et Lautréamont, et surtout, il développe ses textes sur la fonction spirituelle et métaphysique de l’art et des artistes. Ce texte ajoute en quelque sorte valeur et pertinence à Sens Plastique, et permet de comprendre à quel point cette oeuvre était importante pour son auteur.
À la fin du conte Paul et Fougère, l’autre texte inédit à lire avec délectation, une note demande si ce texte n’aurait pas fait partie des contes occultes qui demeurent malheureusement introuvables. Deux autres textes courts racontent eux aussi une histoire enchanteresse : L’île du dodo en l’an 2000 (1976) et Histoire de Midaine (1954), tandis que le dernier La Pomme développe en cinq parties l’histoire de Félicien Surtaure en proie à des observations étonnantes sur les formes et les ombres… Cet ouvrage, enfin, récapitule en annexe une bibliographie intégrale de Chazal dressée par Robert Furlong, le président de la fondation Chazal.
Poésie et biographie
La semaine prochaine, la revue de poésie Point-Barre revient sur la scène littéraire avec une série de textes poétiques courts élaborés par ses habituels contributeurs, assortie en supplément d’un recueil inédit de poèmes de Malcolm de Chazal, qu’il a lui-même regroupés sous le titre Humour rose. Fin novembre amènera enfin la réédition des Contes de Morne Plage, illustrés cette fois-ci par un artiste contemporain. N’oublions pas que la Fondation a publié en mars dernier, le recueil de textes, inédits encore une fois, Histoires étranges, suivies de Fabliaux de colloques magiques, dont il reste quelques exemplaires à la Maison du poète, rue du Vieux Conseil. Le Magazine Littéraire (France) publie un texte de Robert Furlong sur Chazal dans son numéro de septembre, et Ananda Devi fait fort justement remarquer, dans une interview accordée au Monde des livres, que les lecteurs redécouvrent actuellement l’oeuvre de Malcolm de Chazal, dont elle se souvient qu’il était le plus souvent dénigré et méprisé de son vivant par ses compatriotes.
Signalons enfin que l’éditeur français d’origine mauricienne, Philippe Rey vient de publier à Paris deux livres de Bernard Violet, un spécialiste des biographies de célébrités, qui avait notamment rencontré le poète et peintre mauricien, lors d’un de ses échanges avec la princesse Indira Devi. Il réédite une nouvelle version de L’ombre d’une île sous le titre À la rencontre de Malcolm de Chazal, avec textes et photos et l’ajout d’un entretien avec Léopold Sedar Senghor. L’autre ouvrage, Malcolm, la princesse et le dromadaire retrace les moments partagés avec la princesse, et révèle certains aspects de la personnalité de Chazal en 170 pages.