2015 est l’année de la synthèse, de la transmission et de la valorisation pour l’équipe de recherche archéologique qui travaille sur l’histoire de l’île de Tromelin depuis 2007, particulièrement sur celle de ses habitants infortunés, qu’il s’agisse des marins qui y ont fait un court séjour de deux mois, ou des esclaves illégaux qui y ont pour la plupart trouvé la mort soit lors du naufrage soit au cours du séjour aux conditions de vie extrêmement cruelles et difficiles, qui ont duré quinze ans pour les survivantes. Gros plan sur la bande dessinée que Sylvain Savoia a créée, conçue du point de vue des captifs, en se basant sur les investigations du Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN) et deux séjours dans la région.
Le musée d’histoire du château des Ducs de Bretagne accueille, à Nantes, depuis le 17 octobre et ce jusqu’en avril 2016, une exposition sur l’histoire de l’île de Tromelin. Une autre version de cette exposition devrait circuler début 2016 dans notre région, en démarrant à La Réunion avant de venir à Maurice. Depuis le mois d’avril, une bande dessinée de Sylvain Savoia raconte, sous le titre Les esclaves oubliés de Tromelin, le vécu de ses captifs abandonnés. Max Guérout et Thomas Romon ont quant à eux complété en ajoutant les éléments issus des troisième et quatrième campagnes de fouille et réédité en septembre leur ouvrage Tromelin, l’île aux esclaves oubliés. Ce n’est pas tout car Max Guérout vient de publier aux éditions du CNRS l’essai intitulé Tromelin, mémoire d’une île, qui retrace l’histoire de ce « grain de sable » depuis sa découverte en 1722, alors que ce banc de sable émergeait à peine des flots, jusqu’à ce qu’il héberge une station météorologique ainsi implantée sur la route des cyclones…
Seulement sept survivantes et un bébé de huit mois ont subsisté aux quinze ans d’abandon, lorsque l’enseigne de vaisseau JM Lanuguy de Tromelin est venu les chercher en novembre 1776. Depuis 2007, le GRAN qui mène toutes les investigations archéologiques et historiques sur le site de Tromelin sous la direction de Max Guérout, a multiplié les publications scientifiques dans des livres ou revues spécialisés, sur ce que l’on pouvait déduire des preuves matérielles retrouvées sur place au sujet de la vie des esclaves abandonnés, enfermés sur cet îlot infertile battu par la houle.
Mais le premier ouvrage destiné au grand public a été Les naufragés de l’île Tromelin, roman d’Irène Frain dont l’imaginaire a généralement beaucoup à voir avec la Bretagne. Se fiant à la documentation disponible et au récit des marins qui ont survécu au terrible naufrage nocturne de la flûte L’Utile, survenu le 31 juillet 1761, elle a consacré ce texte publié en 2009 chez Michel Lafon, à l’expérience et au point de vue de ces membres d’équipage. Déjà la romancière s’était appuyée sur les données qu’avaient alors rassemblées Max Guérout et son équipe au sein du Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN).