Les influenceurs, ce sont ces people des réseaux sociaux qui, dans une subtile stratégie de marketing, utilisent leur popularité pour valoriser certains produits auprès de ceux qui les suivent. Cette tendance internationale est de plus en plus présente à Maurice. Quelques influenceurs et une Social Media Consultant nous expliquent ce phénomène.

Le rôle d’un influenceur est d’exposer un produit à un grand nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux en faisant usage de leurs propres images et de leurs commentaires. La démarche peut paraître anodine, avec l’impression qu’il s’agit d’un conseil donné de bon cœur. Dans la réalité, l’influenceur se met au service de certaines marques et produits à des fins commerciales.

“Un influenceur est celui qui collabore avec des marques sur le long terme. La marque

Jean Marie Agathe

estime que l’influenceur est celui qui représente mieux l’image”, souligne Katia Moochooram, Social Media Consultant et blogueuse. “Tous ceux qui sont abonnés à Instagram peuvent être des influenceurs”, précise Jean-Marie Agathe, un Instagrammer qui collabore avec deux marques mauriciennes. “Les marques posent des conditions.” Pour le photographe Joel Capillaire, l’influenceur travaille avant tout pour des marques qui lui correspondent.

“J’ai été le premier influenceur mauricien à être publié sur la page de la marque pour laquelle je collabore”, confie Yatish Ramdharrysing, photographe et Graphic Designer, qui collabore avec une marque internationale depuis un an. Il compte plus de 4,500 abonnés sur sa page Instagram. “La marque m’a contacté directement par mail et m’a demandé si je voulais travailler avec elle. J’aime montrer aux autres ce que je peux faire.” C’est le cas également de Jean-Marie Agathe, employé d’hôtel et influenceur depuis trois ans. Il compte plus de 7,800 abonnés.

Correspondre à l’image de la marque.

Les réseaux sociaux ne les font pas vivre mais les influenceurs reçoivent des cadeaux des agences ou entreprises pour lesquelles ils travaillent. Joel Capillaire, influenceur depuis trois ans et qui compte plus 9,000 abonnés sur Instagram, est embauché par trois marques. Selon Katia Moochooram, pour être bien payé, il faut savoir si l’influenceur se case dans la catégorie micro ou macro. “Parfois, un micro-influenceur comptant environ 2,000 followers peut avoir de l’effet. Si la personne y met du cœur, croit vraiment en la marque et partage des photos, elle pourra le faire.” D’où l’importance de réaliser de belles photos.

Son rôle consiste à mettre en relation les marques et les influenceurs. “Je ne suis pas une influenceuse ! Les marques viennent me voir pour les aider. Ces dernières n’approchent malheureusement pas de la bonne façon les gens à Maurice. Je contacte les personnes qui peuvent correspondre à l’image de la marque. Je mets en avant ma stratégie de communication”, explique celle qui compte plus de 28,000 abonnés sur Instagram. Elle travaille avec l’équipe de marketing des compagnies et s’assure que l’influenceur respecte les consignes données par ces dernières.

Yatish Ramdharrysing

“À travers cette technique d’influence, les gens sont tentés d’acheter. Par exemple, mes photos de voyage font rêver beaucoup : ils veulent également partir en voyage. Ils sont nombreux à me demander où se procurer les produits dont je poste les photos sur les réseaux sociaux”, confie Joel Capillaire. Ce dernier a été tout récemment en Malaisie et à Singapour pour faire des photos pour une agence de voyages.

Une plus grande part du marché.

Selon Yatish Ramdharrysing, le marketing d’influence est la nouvelle stratégie de communication qui s’installe progressivement à Maurice. Joel Capillaire affirme que les gens ne regardent plus les publicités et la télévision comme avant pour faire des achats. Tout se déroule sur le Net. Utiliser les réseaux sociaux est une façon de toucher une plus grande part du marché plus rapidement et directement. Jean-Marie Agathe avoue que le choix final revient aux consommateurs. “Que ce soit sur Instagram, dans un journal ou sur un panneau publicitaire, le choix du consommateur est celui qui compte”, affirme Katia Moochooram.

Il y a quelques années, faire de la pub sur les réseaux sociaux en utilisant la notoriété d’une personne était inimaginable. Aujourd’hui, cette méthode est devenue très efficace et rentable. À l’instar de Kim Kardashian, star de la télévision américaine, et de Nabilla Benattia en France, qui utilisent les réseaux sociaux pour promouvoir des produits ou des services, ce phénomène prend de l’ampleur à Maurice. “Cela fait plusieurs années que cette tendance a fait surface en Europe et aux États-Unis. Mais ce n’est que cette année que les gens commencent à comprendre ce que c’est qu’un influenceur à Maurice”, dit Katia Moochooram. Elle affirme que les marques cherchent davantage des influenceurs pendant les périodes de fêtes. “En ce moment, ça marche mieux. Je travaille avec plusieurs marques. Elles commencent à comprendre comment le marketing d’influence marche. Il faut que ce soit une situation win-win des deux côtés.”

Dean Runghen

Influencer les gens au niveau social

“Je me sers de Facebook pour répandre des messages de positivité car je sais qu’il y a beaucoup de jeunes et même des moins jeunes qui y sont actifs”, confie Dean Runghen. Le travailleur social essaie d’influencer les gens pour qu’ils réfléchissent mieux sur eux-mêmes et pour les motiver à avancer. “Je ne suis pas insensible face aux malheurs des autres. Je n’aime pas la façon dont certains réagissent. Il ne faut porter aucun jugement sur les enfants des rues, les travailleurs du sexe, les alcooliques et les toxicomanes.” Dean Runghen utilise à fond les réseaux sociaux pour valoriser les gens. “Beaucoup de gens me racontent leur vie. D’une manière ou d’une autre, j’arrive à toucher plus d’un sur les réseaux sociaux.”