La création d’opportunités d’emplois dans le secteur privé et la formation des jeunes chômeurs par les opérateurs économiques ont été placées comme les principales priorités du pays par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, qui a présidé la première réunion du Joint public/private sector Steering Committee au Swami Vivekananda International Conference Centre hier après-midi. Tous les secteurs d’activités économiques représentés aussi bien par des grandes entreprises que des petites et moyennes entreprises ont participé à la réunion dont la tenue avait été annoncée lors de l’Economic Mission Statement du Premier ministre le 22 août dernier. SAJ la considère comme une étape majeure pour « capitalize on this positive mood and reset the sails of our economy on high cruising mode ».
Dans une déclaration la presse à l’issue de la réunion, sir Anerood Jugnauth s’est dit satisfait. « Tous ceux qu’on attendait étaient présents et étaient enthousiastes et très coopératifs. Des points intéressants ont été soulevés. Il nous faudra les étudier pour voir comment les résoudre. Un enthousiasme bien encourageant pour aider à faire de la Vision 2030 une réalité », dit-il.
Pour sa part, Raj Makoond, directeur du Joint Economic Council, considère que les membres du gouvernement et les opérateurs du secteur privé ont eu des discussions franches et directes. « Il y a une volonté sincère de résoudre ensemble les problèmes afin d’accélérer la croissance économique ».
Pour Arnaud Dalais de CIEL, le feeling est bon. « Cela fait très longtemps qu’on n’a pas participé à une réunion entre les secteurs public et privé. C’est une très bonne chose. On avait besoin de cela. Les différentes institutions ont pu partager avec le chef du gouvernement leurs principaux soucis dans leurs secteurs respectifs. Il y a une bonne ambiance de travail d’équipe. En mettant nos têtes ensemble nous pourrons faire une vraie ouverture de l’économie mauricienne qui est capitale pour le succès de notre vision ».
S’adressant aux opérateurs économiques, sir Anerood Jugnauth a expliqué qu’avant de poursuivre sur la voie du développement économique en ligne avec nos aspirations, il est impérieux de résoudre les problèmes susceptibles de bloquer le développement. C’est dans cet esprit, dit-il, que la plateforme secteur privé/secteur public a été créée. Le but est d’avoir un dialogue franc et régulier afin de voir comment atteindre les objectifs fixés. Ces objectifs consistent à consolider les piliers économiques existants et optimiser les opportunités notamment sur le marché africain ; développer l’économie océanique ; faciliter la mise en oeuvre des projets d’investissement et transformer le pays en hub pour les affaires, le commerce, les services, l’éducation, la recherche et l’innovation. SAJ est revenu sur les secteurs clés de l’économie dont le tourisme, les activités portuaires, l’industrie des services, les services financiers, les TIC, les sciences et la recherche, la santé et l’économie océanique. Sur un plan plus large, le Premier ministre a insisté sur la consolidation de Maurice comme un centre d’investissements transfrontaliers et des affaires, et sur le développement de Maurice comme un centre régional d’aviation.
« Hallmark of our country’s economic progress »
Le Premier ministre a aussi insisté sur la croissance économique et la création d’emplois. « Je suis particulièrement inquiet par le fait que malgré les quelque 50 300 chômeurs dans le pays, il y a toujours un nombre considérable de travailleurs étrangers à l’oeuvre dans plusieurs secteurs d’activité. Tout en comprenant que beaucoup de ces emplois ne correspondent pas au profil des chômeurs, je fais un appel pour que tous les efforts soient faits pour créer les opportunités d’emplois pour les chômeurs mauriciens », dit-il. « I expect you to demonstrate a collaborative approach with my government so that we can agree on ways and means to train our unemployed people, specially the youth, to fit your work requirements and encourage them to take up employment in those sectors where there is massive foreign labour ».
Dans son discours, Raj Makoond a expliqué que cette réunion était de bon augure car la plateforme secteurs privé-public est reconnue comme le « hallmark of our country’s economic progress ». Il a aussi accueilli favorablement « the strong and prompt stand regarding need to maintain social cohesion, which is a fundamendal prerequisite for our economic progress ». Le directeur du JEC a souligné la nécessité pour les opérateurs privés d’avoir plus de visibilité et de clarification dans certains domaines afin de faciliter la transition économique de Maurice. Dans ce contexte, il a souhaité une révision de la Business Facilitation Act pour couvrir des questions comme les licences, permis et clearances. Concernant l’ouverture de l’économie mauricienne, il a reconnu l’importance des programmes lancés par le gouvernement dont le YEP et le DTP. Toutefois il a fait remarquer que le pays a aussi besoin de « high end skills » dans tous les domaines. Tenant en compte la situation démographique du pays, il estime que Maurice doit adopter « an open door policy to attract these skills to the country ». S’agissant de la transition économique, il a plaidé pour que les instruments mis en place pour soutenir la restructuration d’un certain nombre de compagnies soient maintenus. À ce propos le sérieux des compagnies dont les PME a été souligné. « There has been a low default rate (moins de 1 %) », a dit Raj Makoond. Parmi ces instruments se trouvent le leasing equipment modernisation scheme, le planters harvest scheme et le credit finance scheme.
Au chapitre des investissements dans les infrastructures et la connectivité, Raj Makoond considère que les « regulatory frameworks » sont dépassés. Il réclame l’entrée en opération de l’Utility Regulatory Act. De plus l’Electricity Act 2005 doit être remise à jour et proclamée, dit-il.
Au niveau portuaire, les nouvelles initiatives du gouvernement ont été bien accueillies. Le JEC estime toutefois qu’un partenaire stratégique aiderait à « overhaul its performance level ». Au niveau de l’emploi, le secteur privé a réclamé des consultations en vue d’enlever les contradictions entre la poursuite de Remuneration Orders et le Collective Bargaining. Le secteur privé reconnaît également l’importance du partenariat gouvernement/secteur privé pour éliminer la pauvreté.
La prochaine réunion est prévue dans trois mois.