L’agence de notation internationale Moody’s a maintenu la notation Baa1 pour les obligations d’État de Maurice ajoutant que les perspectives sont stables eu égard à la résilience de l’économie mauricienne et la solidité budgétaire malgré le fait que le ratio de la dette par rapport au Produit Intérieur Brut demeure élevé à environ 56 %.
Dans son relevé sur la notation de Maurice rendu public hier à New York, Moody’s indique que depuis le dernier changement apporté en 2012, quand la note avait été relevée de Baa2 à Baa1, les perspectives concernant le pays sont restées stables. Moody’s tient en compte deux facteurs clés pour le maintien de la note Baa1 et l’affirmation de perspectives stables : 1) l’économie mauricienne affiche une résilience significative comme démontré par une croissance robuste soutenue par la diversification des activités économiques ainsi qu’une politique effective de support de la part des autorités ; 2) une solidité budgétaire avec, toutefois, un ratio dette-PIB qui reste élevé autour de 56 % mais qui ne devrait pas se détériorer dans une grande mesure au cours des deux ou trois prochaines années au vu d’une situation de déficit budgétaire gérable.
Allant plus loin dans ses explications concernant la résilience de l’économie mauricienne, Moody’s observe que ces cinq dernières années le pays a enregistré un taux de croissance soutenue de 3,6 % en moyenne et reposant sur plusieurs secteurs d’activité. Avec le tourisme et les services financiers contribuant pour chacun pour environ 10 % du PIB, l’économie mauricienne, estime Moody’s, est bien diversifiée. Selon l’agence de notation, le niveau de richesse du pays, mesuré en termes de PIB par habitant en fonction de la parité de pouvoir d’achat, est passé de USD 14 539 en 2009 à USD 18 689 en 2014.
Mais les défis sont nombreux : il faut intensifier les investissements, améliorer la compétitivité des produits locaux et préserver l’attrait et la stabilité du secteur financier dans son ensemble. Moody’s considère que la poursuite de politiques proactives, un élément clé du succès économique de Maurice, va aider le pays à relever les défis. L’agence remarque que la gouvernance économique et l’environnement des affaires sont satisfaisants comme démontré par le classement du pays dans le rapport Ease of Doing business de la Banque mondiale où Maurice occupe le 32e rang sur un total de 189 pays, soit le meilleur au niveau de l’Afrique subsaharienne. « As a result, Moody’s expects that Mauritius will continue to grow at robust rates (forecast for 2016 is at 3.8 %), though its potential is below what it used to be due to past years’ relatively low investment rates and eroding cost-competitiveness », souligne le rapport.
Se référant aux négociations concernant l’accord de non-double imposition avec l’Inde, Moody’s considère que tout changement dans la convention pourrait affecter l’attrait de Maurice en tant que centre financier et que l’impact sera graduel et gérable. « Ultimately, the impact will be a function of the extent of the changes, the sensitivity of investment to such changes, and the capacity of the authorities to develop the financial center as a gateway for investment to places other than India, including in Africa », écrit Moody’s. Celle-ci est d’avis qu’en sus d’un environnement des affaires favorable, les avantages compétitifs du pays émanent de sa stabilité macroéconomique et politique ainsi que d’un faible niveau de taxation.
Passant ensuite à la situation budgétaire et de la dette, Moody’s trouve que le niveau de la dette gouvernementale est élevé (56 % du PIB fin 2014) mais s’attend à ce que le niveau demeure inchangé pendant les deux ou trois prochaines années. Mention est faite de la politique du gouvernement de réduire le déficit budgétaire afin de pouvoir respecter l’objectif d’une dette statutaire de 50 % du PIB d’ici 2018. « However, achieving such ambitious fiscal consolidation will be difficult — the government of Mauritius has historically run fiscal deficits exceeding 3 % of GDP. The statutory debt level reached 54 % of GDP in 2014, calculated as the sum of the government’s and state-owned-enterprises’ debts, net of government’s cash reserves », fait ressortir l’agence de notation. Elle constate que la dette est en grande partie domestique et que son service est à un niveau confortable, le paiement des intérêts représentant 13 % des revenus du gouvernement en 2014.
Moody’s évoque dans son rapport la solidité du système bancaire, le secteur étant adéquatement capitalisé alors que les crédits domestiques sont couverts totalement par les dépôts locaux. Une part importante (55 %) des actifs des banques est contrôlée par des filiales de banques étrangères. Commentant la situation concernant les engagements du gouvernement vis-à-vis des banques, Moody’s indique qu’elle « expects no material contingent liabilities to crystallize on the government balance sheet over the next two to three years. The rating agency further notes that the authorities are working on the formalization of a crisis management and banking resolution mechanism which would further help the containment of banking sector risk. »
Donnant, par ailleurs, une indication des éléments qui pourraient affecter, à la hausse ou à la baisse, la notation de Maurice, Moody’s affirme qu’une baisse soutenue de la dette du gouvernement accompagnée de réductions dans le déficit budgétaire ainsi qu’une croissance économique plus forte devraient faire grimper la note en question. En revanche, une détérioration de la dette ainsi que des changements drastiques au niveau de l’accord de non-double imposition Inde-Maurice pourraient provoquer une révision à la baisse de la notation du pays.