Secouée et ballottée dans tous les sens, depuis plus d’un an, par des allégations à la pelle de malversations, de faux et usage de faux, la Police Welfare Association (PWA) s’est de nouveau retrouvée dans l’oeil du cyclone cette semaine. Le secrétaire de l’association, le sergent Rajbahadoor Ranjeet Bheemah, a été arrêté par ses collègues de la Central Criminal Investigation Division (CCID). Il est accusé de faux et usage de faux. Des suites de cette arrestation, six policiers affectés à la Major Crime Investigation Team (MCIT) ont été mutés à d’autres départements de la police. De son côté, le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad, qui en a plus qu’assez de l’image ternie de la police, a, selon nos renseignements, recommandé à la CCID d’être « sans pitié » dans ses enquêtes relatives à la PWA.
Le sergent Rajbahadoor Ranjeet Bheemah, 44 ans, a été arrêté en début de semaine et provisoirement inculpé de faux et d’usage de faux en Cour de Port-Louis. Son arrestation est intervenue dans le sillage d’une des multiples enquêtes menée par la Central CID. L’une d’entre elles fait suite à une déposition consignée le 13 septembre 2010 par le sergent Jaylall Bhoojawon, sous le libellé OB 504/10. Ce dernier, qui est à la base de maintes dénonciations de malversations de fonds au sein de la PWA, avait pris le secrétaire Bheemah à contre-pied en soutenant que des items, inscrits à l’ordre du jour d’une assemblée générale spéciale tenue le 6 août 2010, n’avaient pas été débattus et approuvés. Le sergent Bhoojawon avait allégué que des questions ayant trait aux finances de la PWA n’avaient pas été débattues ce jour-là. Le secrétaire de la PWA a été libéré après avoir fourni une caution de Rs 10,000 et une recognizance de Rs 50,000.
Pourtant, que s’était-il réellement passé lors de l’assemblée générale spéciale du 6 août 2010? Les items suivants étaient à l’ordre du jour: (1) Approval of the minutes of proceedings of the Annual General Meeting of 28 march 2009 ; (2) Approval of the audited statement of accounts for the year 2009 ; (3) Approval of estimates of expenditure for the period ending 31st Dec 2010 ; (4) Appointment of Auditor ; (5) Approval of a date for the by-election of ex-caporal Emrith et (6) Approval of expenditures incurred in connection of expenses of AGM held on 2008 for the sum of Rs 869 401 and Prize Giving and farewell party for the sum of Rs 71 035.
L’item (6) avait soulevé un tollé général. A l’agenda pour la troisième fois, aucune explication plausible n’avait pu être donnée aux membres présents pour justifier qu’une Assemblée générale tenue en 2008 puisse coûter près de… Rs 900 000!  La contestation avait fait d’autant plus rage que le Registrar of Associations (ROA) avait brandi la menace de sanctions. L’Assemblée générale devait « take a stand for either the approval or non-approval of those sums once and for all ».
Le sergent Bheemah avait, lui, soutenu que l’Assemblée générale tenue en août 2010 s’était déroulée sans anicroches et que toutes les motions inscrites à l’ordre du jour avaient été approuvées comme stipulé par la loi.  Le sergent Bheemah avait cité les noms de 6 officiers de police affectés à la MCIT et deux de la Special Supporting Unit (SSU) comme étant ceux qui ont proposé et secondé les motions. Ces 8 policiers ont été interrogés à leur tour par la CCID.  Ils ont nié en bloc toute implication dans le vote des motions en question. Ils ont aussi insisté sur le fait qu’ils ne savaient pas comment le secrétaire de la PWA a pu les nommer dans un faux procès-verbal. Ces 6 officiers affectés à la MCIT ont été mutés en fin de semaine, suite à une décision du commissaire de Police.