En dépit d’enquêtes policières et d’investigations en tous genres, la Police Welfare Association (PWA) demeure sous les feux des projecteurs. Mercredi, les dirigeants de la PWA avaient convié leurs membres à une assemblée spéciale au Centre Social Marie, Reine de la Paix. Houleuse à souhait, cette assemblée générale a fait l’objet d’une énième déposition à la Central Criminal Investigation Division (CCID). Encore une fois, c’est le sergent Jaylall Boojhawon, principal dénonciateur derrière la PWA saga qui a frontalement attaqué l’équipe dirigeante de la PWA pour « forgery ». Le Registrar of Associations et le Commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad, ont été formellement informés de cet énième rebondissement. 
A l’agenda de l’assemblée; des Special Resolutions, une motion du président pour avaliser la tenue d’un Audit trail des comptes de la PWA sur les 15 dernières années, la nomination d’un auditeur mais pas de Any Other Business (AOB). L’assemblée générale terminée, le sergent Boojhawon a consigné une déposition à la CCID dans laquelle il énumère un certain nombre d’irrégularités. A commencer par la tenue de cette assemblée générale qu’il juge « illégale » et qu’il qualifie de « mascarade entachée de forgery ». 
Le sergent se prévaut de l’article 21 des règlements de la PWA, qui stipule que « the quorum for a General Meeting whereat a special resolution is to be taken shall be one twentieth (1/20th) of the number of compliant members physically present. » L’article 13(6) des mêmes règlements stipule aussi que tous les membres doivent être invités à assister à une assemblée générale au préalable 14 jours en avance et être notifiés de l’agenda. La section 30 de la Registration of Associations Act 1979 (ROA) maintient que tout amendement doit être approuvé par une majorité des membres. Sur une moyenne de 10 000 membres que compte la PWA, au moins 500 membres auraient dû être présents lors de la réunion de mercredi, avec au moins 5 000 personnes faisant acte de présence par voie de proxy. 
La carotte de Rs 400
Selon la teneur de la déposition du sergent, les membres ont été appelés a faire acte de présence sur des feuilles blanches volantes de format A4, tandis que les proxy forms ne faisaient aucune mention des noms des délégués choisis. Le sergent allègue également que les « organisateurs » de l’assemblée avaient brandi une carotte devant le nez des éventuels membres présents, à l’effet que tout policier faisant acte de présence à ladie assemblée percevrait une somme de Rs 400.  
Le sergent Boojhawon martèle: « Toute cette procédure est une mascarade. On ne peut pas prendre les présences de membres sur des feuilles volantes. Des noms et pages peuvent être rajoutés après. Des noms ont aussi pu être insérés en avance. Pire les proxy forms n’étaient pas en règle. Pour les précédentes assemblées, on avait fait croire aux membres qu’ils auraient Rs 100 et leur numéro de compte bancaire leur a même été demandé. Ces membres n’ont jamais reçus ces fameuses Rs 100 parce que ceci est contraire aux règlements ».
Dans sa déposition, le sergent Boojhawon a fait ressortir s’être heurté à des refus de la part de l’équipe dirigeante de la PWA, à l’assemblée générale,  concernant le nombre de policiers présents. Sur l’insistance de certains membres, le sergent Rajbahadoor Ranjeetsingh Bheemah, secrétaire de la PWA, a fait état de 624 policiers présents. Le sergent Boojhawon lui avance qu’il n’y avait pas plus de 230 membres présents mercredi au centre social Marie, Reine de la Paix. « Si la CCID mène une enquête approfondie, certains policiers retenus ailleurs par leur travail seront surpris d’apprendre qu’ils ont assisté à cette réunion. C’est une véritable farce. J’ai beau protester contre ces pratiques plus que douteuses, mais en vain ».
Extrême gravité
Par ailleurs, l’item Audit Trail est aussi une source de mécontentement. Alors que le Mauritius Audit Bureau (MAB), sur recommandation du Prime Minister’s Office (PMO), a offert d’effectuer un audit gratuitement, l’équipe dirigeante de la PWA se propose, quant à elle, de payer un auditeur indépendant. Le sergent Boojhawon allègue que la PWA n’a jamais remis de dossier à la MAB, purement et simplement parce que des fraudes massives seront exposées au grand jour. « Le président de la PWA lui-même avait dit publiquement que des chèques ont été verses à des gens qui n’ont rien à faire avec la PWA. Tout ceci est d’une extrème gravité ».   
Le sergent Boojhawon demande également à la CCID d’enquêter sur le fait qu’aucun « Budget Estimates for the year 2011 » n’a été présenté à l’assemblée générale. De ce fait, dit-il, la PWA ne peut encourir des dépenses. Si elle le faisait, elle se retrouverait une nouvelle fois en situation illégale. Le policier rappelle avoir déjà consigné une déposition relative à ce type de pratique, en marge d’une assemblée tenue le 6 août 2010. Cette enquête est sur le point d’être bouclée. 
Il met aussi les policiers en garde contre une campagne à l’effet que sa déposition empêcherait aux membres de la PWA de toucher à une somme de Rs 400 ou dans le but de les empêcher d’obtenir des emprunts plus conséquents. « Cette campagne n’a qu’un but: celui de me dénigrer. Je rappelle à tous que le 28 mars 2008, on avait convié les membres au Police Mess dans le but d’amender les barêmes d’emprunts. Or, ce jour-là, c’est l’achat illégal d’un terrain de Rs 25 millions qui avait été avalisé, alors que cet item ne figurait même pas à l’agenda ». 
Le sergent rappelle ses dénonciations relatives à l’achat illégal d’un terrain de Rs 25 millions par la PWA, qui ont entrainé les arrestations respectives de l’ex Assistant-commissaire de Police (ACP) Mahadeo Ramchurn et du caporal Veniagre Chedumbrum Pillay. Les deux hommes siègent toujours sur le comité de la PWA, tandis que le sergent Satish Buljeeon, autre suspect arrêté en marge de cette affaire, a démissionné de la PWA depuis deux mois. Le sergent Boojhawon estime qu’il n’en a pas terminé avec ses dénonciations tant que la PWA ne sera pas assainie une bonne fois pour toutes.