Depuis le début de la crise avec ses adversaires arabes qui tentent de l’isoler, le Qatar a pris de nombreuses mesures sur le plan international ou intérieur pour les contourner.

Le 5 juin 2017, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Doha est accusé de soutenir des groupes islamistes radicaux, ce qu’elle dément, et il lui est également reproché de ne pas prendre assez de distance avec l’Iran.

– Défense –

Le 14 juin 2017, le Pentagone annonce un accord de 12 milliards de dollars pour la vente à Doha d’avions de combat F-15. Les Etats-Unis disposent d’une grande base aérienne dans le désert du Qatar où se trouve aussi le siège du Centcom, le commandement des forces américaines au Moyen-Orient.

Le 1er août, le Qatar confirme une commande de navires de guerre à l’Italie pour un montant de cinq milliards d’euros. Le contrat porte sur sept navires de surface, quatre corvettes, un vaisseau amphibie et deux patrouilleurs.

En septembre, le Qatar signe un accord pour l’achat à la Grande-Bretagne de 24 avions de chasse Eurofighter Typhoon.

Des contrats de plus de dix milliards d’euros pour l’achat notamment d’au moins 12 avions de combat Rafale et 50 Airbus A321 sont signés en décembre lors d’une visite du président français Emmanuel Macron.

En mars 2018, le Qatar confirme l’acquisition de 28 hélicoptères militaires NH90 auprès du consortium européen NHI et de 16 Ecureuil H125 pour la formation des pilotes.

L’administration américaine donne en avril son feu vert à la vente de missiles guidés pour un montant de 300 millions de dollars.

En février 2019, le Qatar prend livraison du premier exemplaire d’une commande ferme de 36 Rafale.

En mars, Doha indique envisager toujours d’acquérir des missiles russes S-400, affirmant que l’Arabie saoudite n’a pas à se mêler de l’achat d’armes par son pays.

– Economie –

En juillet 2017, la compagnie d’Etat Qatar Petroleum (QP) et le géant français Total officialisent un partenariat de 25 ans pour développer le grand gisement pétrolier offshore d’Al-Chahine, sur la côte orientale du Qatar.

En septembre, le Qatar inaugure un port d’un coût de 7,4 milliards de dollars qui permettra de « briser les chaînes » représentées par le boycott. Port Hamad, situé sur la côte sud-est du Qatar, à environ une heure de route de la capitale, est une plateforme majeure pour les importations du pays.

En janvier 2018, le Qatar approuve un projet de loi autorisant des investisseurs étrangers à détenir 100% des parts d’une entreprise afin notamment de stimuler les revenus non-énergétiques.

En mars, Qatar Petroleum attribue un contrat à la firme japonaise Chiyoda Corporation pour développer un immense gisement gazier.

– Soutien irano-turc –

Depuis le début de la crise, le Qatar s’est tourné vers l’Iran et la Turquie, notamment pour importer des produits alimentaires.

En août 2017, le Qatar a annoncé le retour de son ambassadeur en Iran et le rétablissement de relations diplomatiques totales avec Téhéran. Le rappel de l’ambassadeur avait fait suite à des attaques en janvier 2016 contre des missions diplomatiques saoudiennes en Iran, consécutives à l’exécution d’un dirigeant chiite en Arabie saoudite.

Et en janvier 2018, Oman et le Qatar ont signé un mémorandum pour le développement des investissements et du commerce bilatéraux.

Doha a aussi piloté l’arrivée du footballeur brésilien Neymar au Paris-Saint-Germain (PSG, propriété du Qatar), qui a mis sur la table plus de 220 millions d’euros pour le recruter.

L’émirat aussi décidé la suppression des visas d’entrée pour les ressortissants de 80 pays dans le but de stimuler le tourisme et le transport aérien et créé un statut de résident permanent assorti de certains privilèges pour trois catégories d’étrangers.

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