En dépit d’une performance légèrement en baisse cette année (11 lauréates contre 14 l’an dernier), la jubilation était cette année encore au rendez-vous au Queen Elizabeth College (QEC), à l’annonce des noms des lauréats, et ce, dès avant la proclamation des résultats. Une fois de plus, le collège produisant chaque année le plus de lauréates a su s’imposer. Le nouveau recteur, Devendra Ramanah, s’est dit « satisfait » de la performance. « Depuis dix ans, le collège a enregistré plus de dix lauréates ».
Dès avant la proclamation des résultats ce matin au collège, les filles du QEC, fièrement revêtues de leurs robes vertes, revendiquaient déjà leur suprématie. Passant son chemin dans le couloir, une enseignante devait afficher son hésitation quant à une aussi bonne performance que l’année dernière. Surtout, dit-elle, après la dure épreuve par laquelle les collégiennes étaient passées après avoir perdu une des leurs l’an dernier.
À 10 h 30, scotchés à la radio, quelques membres du personnel, entourés de quelques journalistes, prennent connaissance de l’identité des lauréates. À chaque nom d’une élève du QEC, des cris de joie éclatent au loin, dans la cour.
Onze lauréates au total. Qui ne manqueront pas de susciter l’excitation des élèves et de faire la satisfaction du recteur, arrivé au collège tout juste l’an dernier. « Je tiens à dire bravo aux filles qui ont bien travaillé mais il ne faut pas oublier les autres qui ont aussi bien travaillé mais qui ne sont pas lauréates. Je remercie les profs et le personnel non-enseignant. Je crois que les filles du QEC font bien académiquement mais aussi au niveau extra-curriculaire ».
Peu après, alors que tous attendent impatiemment l’arrivée des lauréates pour les acclamer, c’est le père d’une élève qui se fera remarquer en attirant vers lui un groupe de filles. Il s’agissait non pas du père d’une lauréate mais d’un lauréat, du collège Royal de Port-Louis, Rohan Nuckchady, venu récupérer sa fille, élève au QEC, afin de partager la joie de son frère. Ancien élève de l’école Clavis, établissement privé ne privilégiant pas la compétition, c’est pourtant dans un collège d’élite où la compétition est rude que Rohan a fait ses années de collège. « On a toujours pensé que l’enfant doit vivre son enfance et non pas évoluer dans un environnement compétitif. On l’a préparé au CPE et il a été admis au collège RCPL. La transition n’a pas été difficile. Rohan a un esprit de partage et n’a pas l’esprit de compétition », témoigne le père.
Ce n’est que vers 11 h 45 que la première lauréate fera son arrivée, à savoir Carine Chan Moi Fat, dont la soeur, il y a quatre ans, faisait aussi la joie de ses parents en devenant la première lauréate de la SSS d’Ébène. « C’est la plus grande récompense qu’un enfant puisse faire à ses parents », estime la mère. Les parents diront que leur fille a mené une vie très balancée entre études et sports. « Elle pratiquait le Zumba, la natation, le tae kwon do mais pas en HSC. Nous lui avons toujours dit de faire le maximum sans lui mettre la pression ».