Les trois fédérations handisportives devant prendre part au Grand Prix IPC (International Paralympics Committee) de Dubaï, prévus du 17 au 20 mars prochain, qualificatif pour les Jeux paralympiques de Rio au Brésil (septembre prochain), ont tous soumis leurs listes de sélectionnés au Mauritius National Paralympics Committee (MNPC). Mais déjà, la non-sélection d’Anaïs Angéline par la Physically Handicapped Persons Sports Federation (PHYSFED) est fortement dénoncée par l’entraîneur personnel de l’athlète, nommément Jean-Marie Bhugeerathee, qui se demande même si cette fédération a un problème avec ses meilleurs athlètes. Car il se demande selon quel critère Anaïs Angéline n’a pas été retenue pour le GP de Dubaï, alors qu’elle est pourtant classée 17e mondiale au disque et 34e au 100m de la catégorie T37. Sans compter qu’elle est 5e africaine au 100m !
Jean-Marie Bhugeerathee n’a pas mâché ses mots à l’égard de la PHYSFED. “A chaque fois, c’est la même chose avec cette fédération. Après Cédric (Ravet), Noemi (Alphonse), c’est maintenant au tour d’Anaïs (Angéline) de subir une grosse injustice “, a-t-il déclaré. Selon lui, la jeune athlète qui s’entraîne avec beaucoup de détermination depuis de très longs mois est découragée. “Anais est une athlète avec un énorme potentiel. Elle a les qualités pour être présente à Rio. Nous lui avons vendu un rêve, malheureusement certains ont décidé autrement. Elle est vraiment très triste en sachant qu’elle ne fera pas ce déplacement à Dubaï pour aller chercher une qualification aux Jeux paralympiques. C’est vraiment révoltant la façon dont agissent certains”, a-t-il dénoncé. Jean-Marie Bhugeerathee s’est dit encore plus déçu en sachant qu’il n’y a pas grand chose à faire pour Anaïs Angéline, dans le sens où, a-t-il souligné, les inscriptions sont déjà fermées à Dubaï.
Manque de frottement international
D’autre part, 12 athlètes ont été sélectionnés pour ce déplacement placé. Ceux retenus au sein de la Mentally Handicapped Persons Sports Federation (MHPSF) sont Stephane Louis (100m et 400m), Didier Julie (100m et longueur), Donovan Rabaye (100m, 1500m et longueur), Ashley Telvave (400m et 1500m) et Jean-François Sénèque (poids), alors que ceux de la Visually Handicapped Persons Sports Federation (VHPSF) sont Rosario Marianne (100m, 200m et 400m), Chloé Armand (100m et 200m) et David Gaspard (100m et 200m). Du côté de la PHYSFED, quatre athlètes ont été retenus, nommément Noemi Alphonse (400m, 800m et 1500m), Cédric Ravet (100m, 400m, 800m et 1500m), Brandy Perrine (100m et 1500m) et Jérémie Létendrie (1500m).
Par ailleurs, Jean-Marie Bhugeerathee est d’avis que Maurice possède des athlètes de qualité pouvant espérer décrocher une qualification paralympique lors de ce Grand Prix de Dubaï. Le seul point noir, a-t-il expliqué, demeure l’absence de compétition au niveau international. “ Les athlètes qui sont sous ma supervision s’entraînent depuis l’année dernière à la raison de deux fois par jour avec un volume d’entraînement de six heures. Ils sont tous très motivés à réussir dès cette première compétition et je n’en doute pas un seul instant. Il faut néanmoins être réaliste, car le manque de frottement avec le très haut niveau risque de jouer contre nous “, a-t-il affirmé.
Car, a-t-il ajouté, hormis l’aspect physique, il y a aussi et surtout la partie psychologique. C’est la raison pour laquelle, il met, à son niveau, beaucoup d’accent sur une participation régulière dans des compétitions de haut niveau.
“ Nous n’avons aucun repère. Notre dernière compétition de haut niveau remonte à juin de l’année dernière, lors du Grand Prix IPC d’Italie. C’est un gros désavantage qui fait que parfois, un athlète n’arrive pas à bien gérer sa course et par conséquent, risque de rater une qualification d’une poignée de centièmes “, a-t-il fait remarquer.