Une cinquantaine d’ex-employés de la Quality Beverages Ltd (QBL), communément appelée « usine Pepsi », ont reçu hier une compensation équivalente à un mois et demi de salaire par année de service. Pour rappel, 75 emplois de cette compagnie avaient été supprimés en février 2015 pour des « raisons économiques ».
Quelque 56 employés licenciés de l’usine ont reçu hier leur chèque, représentant leur compensation, après leur licenciement en février dernier. Pour rappel, 75 employés avaient en effet reçu leur feuille de route le 2 février dernier.
Les syndicats, de leur côté, estiment que le motif avancé par l’employeur, soit pour raison économique, afin de justifier cette vague de licenciements, n’était pas valable. Pour alerter l’opinion publique, des employés licenciés, soutenus par différentes plateformes syndicales, avaient ainsi manifesté devant le Parlement en avril dernier. Criant à l’injustice, ils avaient brandi la menace de saisir l’Employment Relations Tribunal (ERT) en réclamant une indemnisation représentant trois mois de salaire par année de service. Jugeant leur mise à pied « arbitraire », des employés avaient également élevé la voix contre le fait qu’ils avaient été remplacés par des contractuels.
Ces licenciements sont survenus à la suite d’une réorganisation du service de distribution chez QBL. Jusqu’ici, la distribution se faisait soit selon un système de prévente, soit par la vente directe. Les 75 licenciés font partie de cette dernière catégorie. Des discussions visant à intégrer les employés de la vente directe au département de prévente se sont révélées un échec. Les négociations avaient buté essentiellement sur les commissions, qui étaient de 9 à 33 sous, pour la vente directe, alors qu’en prévente, un barème uniforme de 11 sous est appliqué.
Les employés licenciés, soutenus par des syndicalistes, avaient également manifesté pour faire une piqûre de rappel à l’Alliance Lepep qui, durant la campagne électorale des dernières législatives, avaient pris l’engagement de procéder à une révision des lois du travail pour mieux protéger les travailleurs, surtout contre le licenciement abusif. Depuis la tenue de cette manifestation en avril dernier, le seul amendement porté à l’Employment Rights Act (ERA) concerne l’extension du congé de maternité de 14 à 16 semaines…
Les licenciés avaient par ailleurs proposé la réintroduction du Termination of Service Contract Board, qui permettrait d’examiner en profondeur toute intention de licenciement de la part du patronat et de permettre ainsi aux travailleurs de se réorganiser.