À la sonnerie des cloches, à 18 h, annonçant la fermeture des salles de vote à Quatre-Bornes, seulement 36,54% des quelque 58 917 électeurs (soit 21 528) auront accompli leur devoir civique. Seules animations notées : aux abords des « baz » des divers partis en lice. Ailleurs, c’était le calme plat et la morosité.
La matinée à Quatre-Bornes aura été marquée par la présence, vers 9 h 15, de la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, venue accomplir son devoir civique à l’école SVR, au Ward 2. Peu après son passage, le commissaire électoral Irfan Rahman devait procéder à un contrôle de routine dans le même établissement. On aura par ailleurs remarqué l’arrivée, en toute discrétion, de l’époux du chef de l’État, le Dr Fakim. Venu un peu plus tard, il dira venir voter pratiquement à chaque élection municipale.
La matinée dans les Ward I, II et III aura démarré lentement alors que certains candidats avaient choisi de se poster à l’entrée des écoles dans une ultime tentative d’attirer des votes en leur faveur. À l’école Louis Nellan B, on aura noté l’arrivée de Me Yousouf Mohamed vers 11h et, un peu plus tard, de celle de Kavi Ramano, accompagné de son épouse. Gavin Glover, lui, devait faire son entrée dans l’école sous une pluie battante à midi.
Autre fait marquant, cette fois devant l’école Baichoo Madoo : le moment de confidence entre le chef de file des mauves à Quatre-Bornes, Vijay Makhan, et le député rouge Ezra Jhuboo. L’ambiance bon enfant devait graduellement laisser place à un peu plus d’animation à partir de 15 h avec quelques files d’attente notées ça et là dans certains centres de vote. Ne sera pas non plus passée inaperçue la tournée, en fanfare, du leader du MSM, Pravind Jugnauth, accompagné du ministre Roshi Bhadain, élu aux dernières législatives à Quatre-Bornes. Leur itinéraire dans la ville devait débuter à La Source pour aller Avenue Poivre en passant par Ollier. À chacun de ces endroits, ils auront été accueillis au rythme bruyant du célèbre Enn soley ape leve, ponctué du slogan Vire Mam. Les bases du MMM, elles, auront été bien plus discrètes et tranquilles.
Dans les Wards 4 et 5, on aura noté, dans la matinée, le même « mouvement lent » des électeurs vers leur centre de vote respectif. À l’entrée de la Candos G.S., le maire sortant de Quatre-Bornes, Guy Troylukho, accueillait, tantôt d’un sourire affable, tantôt d’une solide poignée de main, ceux qui venaient voter. Il se sentait visiblement en terrain conquis dans ce quartier de la Résidence Kennedy.
À l’instar de tous les autres candidats, Deepak Aubeeluck, candidat de la Voice of Hindu, se tenait à l’entrée de la Louis Nellan ‘A’ G.S. « Gramatin li touletan len ! », nous lance-t-il confiant. La même tendance sera notée à la Palma G.S. et à la Hurrylall Chooroomooney G.S. Les candidats gardaient toutefois espoir de voir davantage de gens converger vers les Polling Stations.
Malheureusement, une pluie drue, vers la mi-journée, jouera au « trouble-élection » et ralentira davantage la marche des électeurs vers les centres de vote. Ce n’est qu’une fois le soleil revenu qu’on observera un afflux de votants aux abords des différents centres de vote. « Letan finn zoue kont nou. Apre dimounn finn degoute ar la fasson de fer de sertin politicien ! » avance la candidate mauve Kamla Harry, expliquant ainsi le peu d’intérêt des électeurs à accomplir leur devoir à la Palma G.S.
À la Hurrylall Chooroomooney G.S., le Returning Officer Siven Rangan arpentait la cour de l’école, veillant au grain le bon déroulement du scrutin. Il devait d’ailleurs, vers 16 h 30, mettre énergiquement au pas un électeur indélicat qui errait dans le centre de vote. Au même moment, cette école de Bassin devait recevoir la visite d’Alan Ganoo, dirigeant du Mouvement Patriotique. « Le fort taux d’abstention notée était attendu, vu la réticence des partisans du gouvernement comme ceux de l’opposition à leur refaire confiance ! » commente-t-il.
Si cette journée d’élections à Quatre-Bornes était somme toute morose, les « baz » des divers partis aux abords des centres de vote ont, elles, connu une certaine animation. « Me tou korek, tou trankil. Ana enn sirtin konvivialite ant nou tou ! » se réjouit un activiste de l’Alliance Lepep, tout en jetant un regard malicieux vers la « baz » mauve voisine.
Alors que le moment fatidique de la fermeture des centres de vote approchait, le crépuscule tombait graduellement sur la Ville des Fleurs, mettant fin ainsi à cette journée d’élections, qui se sera toutefois déroulée sans incident.