L’unité de la population derrière l’alliance PTr/MMM a été le fil conducteur du discours du Premier ministre Navin Ramgoolam à Quatre-Bornes hier. « Bizin l’unité pou gagne enn gouvernement fort et stable », a-t-il affirmé, estimant qu’il n’y a aucun doute que l’alliance s’achemine vers un 60-0. Le leader du PTr a été sans pitié vis-à-vis de ses adversaires en réclamant que le MSM soit mis dans la poubelle de l’histoire et que la circonscription N° 18 ne permette pas à Xavier-Luc Duval d’obtenir un siège de best loser.
Navin Ramgoolam a d’entrée affirmé que le meeting de lancement de la campagne électorale est un indicateur des résultats attendus des élections. « Lorsque la machinerie du PTr et du MMM commencera, il n’y a aucun doute que nous nous acheminerons vers un 60-0 », dit-il.
Cependant la victoire, a-t-il précisé, implique une grande responsabilité : celle de réaliser ce qui a été promis. « Nous voulons un peuple uni dans un pays moderne. L’unité nationale ne repose toutefois pas uniquement sur l’harmonie sociale qui a toute son importance. Il est important que face aux difficultés économiques qui se présentent nous ayons un peuple uni derrière le gouvernement ». Il a brièvement fait référence aux problèmes économiques rencontrés par les pays européens, dont l’Allemagne qui est au bord de la récession, alors qu’ailleurs le Japon et la Chine ne se portent pas mieux, d’où l’importance d’avoir une équipe compétente à la tête du pays.
Navin Ramgoolam a insisté sur les raisons pour lesquelles le PTr et le MMM se sont réunis. « Nous sommes ensemble pas seulement pour l’harmonie sociale, pas juste pour l’unité mais parce que nous avons une vision partagée. Nous sommes des partis sociaux-démocrates. Nous sommes les seuls partis mauriciens membres de l’Internationale socialiste ».
« Nous avons été adversaires pendant 17 ans mais nous avons eu un respect pour l’adversaire. Nous avons eu nos difficultés. Nous avons deux personnalités différentes, chacun a son style. La chose la plus importante est que nous avons mis de côté nos différences parce que nous avons une responsabilité envers le peuple mauricien afin de moderniser ce pays et accomplir le progrès qu’il faut. Nous voulons que Maurice franchisse une nouvelle étape de son développement. La première a été l’indépendance. La deuxième étape a été la création des infrastructures et l’éducation gratuite. La troisième étape consiste à permettre à ce pays de passer d’une middle income economy à une high income economy dont tout le monde sera une partie intégrante », a-t-il dit, soutenant que l’alliance dispose d’une « dream team » pour le faire.
Navin Ramgoolam affirme qu’il avait souhaité une alliance depuis 1976. Il dit en avoir parlé à son père qui avait initié des négociations qui n’ont pas abouti. Il avait, dit-il, souhaité la même chose en 1982.
Très critique vis-à-vis de Sir Anerood Jugnauth, le PM a rappelé qu’en 1983, bien qu’étant malade, SSR avait fait campagne pour le MSM. Le PTr avait alors obtenu seulement 16 tickets pour les élections et trois candidats travaillistes avaient été présentés à Plaine-Verte. « Le MSM a toujours utilisé soit le dos du PTr, soit celui du MMM », a-t-il lancé. Il devait faire état d’un complot pour empêcher SSR de présenter sa candidature dans la circonscription N° 5 en 1983. Après les élections, affirme-t-il, SAJ a choisi de mettre PTr à la porte. Navin Ramgoolam a rappelé qu’après la victoire du MMM dans les cinq municipalités du pays aux élections municipales, SAJ avait déclaré avoir eu la grande satisfaction de mettre le PTr dans la poubelle de l’histoire. Cette fois, dit-il, « le PTr et le MMM mettront le MSM dans la poubelle de l’histoire ». Il a aussi parlé des « supplications » de SAJ auprès de Sir Satcam Boolell en 1987 afin de s’unir pour sauver la communauté hindoue. Par la suite, dit Navin Ramgoolam, SAJ a donné un grand coup de pied à SSB.
Le Premier ministre a fait mention des négociations laborieuses avec le MMM au point qu’il avait envisagé d’aller seul aux élections et avait demandé au MMM d’en faire de même. « Cependant, nous avons réalisé qu’à chaque élection 40 % de la population se retrouve dans l’opposition. Or il faut un gouvernement fort et stable pour surmonter les problèmes auxquels nous avons à faire face sur le plan international ». Pour lui, la cassure souhaitée par ses adversaires est improbable. « Ena pe dir atann cassure. Zot pour gete ladan ».
Navin Ramgoolam a aussi insisté sur la réforme électorale qui a bénéficié du soutien du PTr. Il avait d’ailleurs déposé devant la commission Sachs. Il a accusé le MSM d’avoir saboté cette réforme alors qu’il était au gouvernement avec le MMM. C’est dans ce contexte que Navin Ramgoolam a affirmé qu’il était d’accord avec l’introduction du droit de vote à 16 ans pour les élections municipales et villageoises.
Navin Ramgoolam n’a pas épargné les précédents ministres des finances, dont Pravind Jugnauth et Vishnu Lutchmeenaraidoo. Ce dernier n’a, selon lui, jamais été en mesure de lui présenter un papier sur l’économie. Très critique vis-à-vis de Xavier-Luc Duval, il a accusé ce dernier de n’avoir pas su, alors qu’il était ministre de l’Intégration sociale, utiliser à bon escient la Corporate Social Responsibility créée par Rama Sithanen. Il a demandé à l’électorat de Quatre-Bornes de ne pas lui donner l’occasion d’avoir un siège de best loser.
Le PM a aussi accusé SAJ d’avoir essayé de renverser son gouvernement alors qu’il était président de la République. « Il avait fait croire à Paul Bérenger que certains ministres quitteraient le PTr pour se joindre à l’opposition ». Navin Ramgoolam a aussi évoqué l’institution d’une commission d’enquête sur le MTC. « Personne ne sera épargné ». Il a finalement accusé SAJ d’avoir insulté toutes les communautés en citant plusieurs exemples avant de conclure comme à son habitude que le PTr représente l’unité et la modernité.